Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
L'hôtel Best Western
L'hôtel Best Western

Dans Saint-Roch, un projet de plusieurs dizaines de millions gelé par la COVID-19

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
Article réservé aux abonnés
La dernière fois que nous lui avions parlé, les contrats étaient signés, les ouvriers entamaient la phase 1 de la revitalisation immobilière de deux grands terrains du quartier Saint-Roch… Quelques jours plus tard, la COVID-19 a ébranlé le Québec. Le projet de plusieurs dizaines de millions de dollars a été arrêté.

Le résumé de notre entretien avait été publié le 5 mars 2020. CE mois de mars dont on se souviendra longtemps, celui durant lequel on nous a imposé une pause sanitaire. Le titre de l’article était sans équivoque : «Saint-Roch: le Best Western lance son projet d’agrandissement».

Collaborateur de longue date de l’hôtelier Joey Thiffault, André Huot nous expliquait que les travaux étaient commencés, mais que le chantier s’accélérerait au cours de l’été suivant. Pendant un an, les constructeurs allaient creuser un stationnement souterrain de 90 à 120 places sur un grand lot situé entre la rue de la Salle et la rue de la Reine, près de la bibliothèque Gabrielle-Roy. Puis ils devaient ériger deux bâtiments dessus pour ajouter une quarantaine de logements locatifs dans le quartier.

«Les contrats étaient tous donnés», se remémore M. Huot. «On était prêt à partir.» Le budget de cette phase 1 oscillait entre 15 à 20 millions $.

Puis, la phase 2 devait suivre. Un immeuble d’au moins 10 étages directement derrière le Best Western de la rue de la Couronne. Une partie devait être occupée par l’hôtel, le reste par «du résidentiel». Ne restait qu’à peaufiner le concept, à décider si les logements seraient loués ou vendus en copropriété.

Le coronavirus SRAS-CoV-2 a cependant soufflé le rêve. Les bâtisseurs ont installé des blocs de béton autour du site avant de rentrer au bercail.

+

5% D’OCCUPATION

L’industrie hôtelière a été frappée de plein fouet par l’ouragan. André Huot évalue le taux d’occupation à environ 5% ou 6%, «moins que ça des fois».

Dans ce contexte, le financement du chantier d’envergure est ardu. «Tant que la situation touristique n’est pas rétablie, c’est difficile de lancer des projets de cette ampleur.»

André Huot a cru à une petite reprise pour Pâques. Il y avait beaucoup de réservations… Vous connaissez la suite de l’histoire : le gouvernement Legault a réannoncé un reconfinement; les clients ont annulé.

L'hôtel Best Western

Rénovations

N’empêche, le Best Western profitera de l’absence des foules touristiques pour «relooker» ses façades : nouvelles couleurs, éclairage révisé, fenêtres et revêtement modifiés, enseigne retouchée. Aussi, la réception sera relocalisée. «On profite du fait que l’hôtel n’est pas très occupé pour aller de l’avant. […] Ce sont des travaux qui sont difficiles à faire quand l’hôtel est fréquenté.» La facture devrait avoisiner le demi-million.

Le terrain à l’arrière, où devait pousser un agrandissement de l’hôtel et des logements, servira donc d’entrepôt à matériaux et de stationnement en attendant la reprise.

+

SEULEMENT RETARDÉ

Foi d’André Huot, ce n’est que partie remise. «C’est seulement reporté. C’est reporté jusqu’à temps qu’on ait des revenus nécessaires pour financer un projet de cette ampleur.»

La vaccination contre la COVID-19 commencée, il espère que les clients reviendront d’ici l’automne. Ce qui permettrait de reprendre la phase 1 à la fin 2021 ou au début 2022.

Il y a toutefois une autre inconnue dans le portrait. Le vaste chantier du tramway qui passera devant l’hôtel.

«Entre 1 ½ et 5 ans», tout le projet sera en marche, évalue M. Huot. «On bien hâte, on a vraiment hâte.»

+

LA VILLE DONNE UN SURSIS

Justement, la Ville de Québec veut donner un nouveau sursis de cinq ans au Best Western du quartier Saint-Roch pour lancer les travaux.

Il n’est pas permis d’aménager un stationnement sur les grands terrains acquis par l’hôtelier Joey Thiffault au fil des ans. L’investisseur jouit donc d’une exemption depuis 10 ans pour y stationner les voitures de ses clients.

«L’hôtel Best Western (330, rue de la Couronne) a bénéficié de deux périodes de cinq ans chacune (en 2010 et 2015) d’une permission d’utilisation temporaire lui accordant le droit d’aménager une aire de stationnement extérieure, alors que la réglementation d’urbanisme indique qu’elle doit être complètement à l’intérieur d’un bâtiment», lit-on dans un récent document officiel. «La 2e permission étant échue depuis mai, le requérant demande d’en obtenir une nouvelle afin que le stationnement demeure en place et puisse s’étendre sur un troisième lot qu’il a acheté en cours de route.»

L’hôtelier voulant relancer les travaux après la tempête, la Ville est favorable. «Les propriétaires évaluent qu’un nouveau délai pourra leur permettre de passer la crise et de préparer plus assurément le projet.»

L’administration municipale refuse cependant que le stationnement soit asphalté «dans un souci de conserver le caractère temporaire de l’usage».