Québec se réjouit d’avoir réalisé de rares profits avec la vente du contenu de nos bacs bleus : 300 000 $ en 2016, 1,3 million $ en 2017. L’année en cours marquera toutefois un retour au déficit, les prix ayant plongé. Ci-dessus, un aperçu du centre de tri de Québec.

Crise du recyclage: Québec épargnée en partie

La capitale est partiellement épargnée par la crise qui secoue l’industrie internationale du recyclage : les investissements majeurs réalisés depuis 2010 pour livrer des produits mieux triés rapportent. Mais il y a encore place à l’amélioration, surtout chez les citoyens qui déposent toujours dans le bac bleu des plaquettes de frein, des boyaux d’arrosage… même des bombonnes de gaz irritant.

Jeudi, la Ville avait convoqué la presse au centre de tri municipal de la rue Provinciale. L’administration voulait notamment se vanter des résultats obtenus : des quelque 60 000 tonnes de matières qui sont déchargées dans l’usine annuellement, autour de 96 % sont «revalorisées».

«Donc, il y a seulement 4 % qui a été éliminé», se félicite Mathieu Fournier, chef d’équipe, matières résiduelles. «Donc, quand on entend souvent les gens nous dire que tout est jeté de toute façon, ça ne peut pas être plus faux.»

Il y a toutefois un prix à payer pour réussir à vendre le recyclage. Depuis le début de la décennie, la Ville a injecté 20 millions $ afin de moderniser le centre de tri géré par l’entreprise Via. Elle ajoutera 7 millions $ au cours de la prochaine année.

Ça peut paraître dispendieux, convient le maire de Québec, Régis Labeaume. Mais le recyclage jouit de subventions. Ce qui fait que l’envoi des matières à l’incinérateur, par exemple, finit par coûter 18 fois plus cher.

Aussi, en investissant dans la qualité, la capitale ne se retrouve pas avec des tonnes de ballots de papier ou de plastique invendables à entreposer, ajoute-t-il.

De (rares) profits

La Ville se réjouit d’avoir réalisé de rares profits avec la vente du contenu de nos bacs bleus : 300 000 $ en 2016, 1,3 million $ en 2017. L’année en cours marquera toutefois un retour au déficit, les prix ayant plongé.

«Il y a une crise sur les marchés, on ne se contera pas d’histoire. La valeur des matières a diminué de façon assez significative», observe Mathieu Fournier. La Ville se tirerait malgré tout «très bien d’affaire» grâce à la qualité du tri.

La mairie veut néanmoins faire mieux. Elle lancera sous peu une campagne publicitaire pour nous discipliner.

«Bon an, mal an, c’est à peu près 9 % des matières qu’on reçoit qui sont non acceptées dans le bac bleu. Donc 91 % des matières qu’on reçoit sont acceptées. Donc, les citoyens font un bon travail. Cependant, dans le 9 %, on a des matières qui sont hautement problématiques.»

Évacuer le centre de tri

D’ailleurs, pendant la visite du Soleil, M. Fournier et nos autres guides se sont mis à tousser fortement. L’équipe s’est activée pour trouver la source du mal, probablement une bombonne de gaz poivré, pensaient-ils. Les gestionnaires craignaient de devoir évacuer le centre de tri.

Un exemple parfait des conséquences des erreurs commises par les citoyens, évoque M. Fournier. «Un arrêt de 30 minutes, ça coûte 2000 $ à toute la communauté de Québec. Donc, chaque mauvais geste des citoyens a des impacts sur leurs taxes finalement.»

En portant attention à ce qu’ils mettent dans le bac, en nettoyant les contenants, les habitants de Québec contribueront à réduire les coûts de traitement et augmenteront la valeur de revente.

Cette fois, c’était un aérosol irritant. Mais ils en voient de toutes les couleurs, les trieurs. «On trouve de tout. On trouve des carcasses d’animaux morts, on trouve des couches malheureusement souillées, on trouve de la brique, des haltères, on trouve des pièces de moteur de grande taille.» Parfois, des balles de fusil et des feux d’artifice.

En portant attention à ce qu’ils mettent dans le bac, en nettoyant les contenants, les habitants de Québec contribueront à réduire les coûts de traitement et augmenteront la valeur de revente, note-t-il.

  • Pour savoir ce qui va ou non dans le bac de recyclage : bit.ly/2BaJcjF