Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin (à droite), semble fonder beaucoup d’espoir en Richard Côté, qui a été conseiller municipal pendant 18 ans, dont six années comme vice-président du comité exécutif à la Ville de Québec et président d’ExpoCité de 2007 à 2013 avec Équipe Labeaume.

Crise à Québec 21: un ex d’Équipe Labeaume à la rescousse [VIDÉO]

Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, mandate son conseiller spécial, Richard Côté, de restructurer le parti, durement amoché après des semaines de turbulences qui ont mené à la démission de cinq membres de son conseil d’administration.

«Nous avons tous notre part de responsabilités quant aux événements récents», a déclaré M. Gosselin, d’entrée de jeu lors d’une première sortie publique après l’annonce mercredi dernier de la démission de quatre dirigeants du parti.

Il s’agit du président Serge Marcotte, de la vice-présidente Geneviève Cormier, des administrateurs Michel Renaud et Samuel Fillion-Doiron, ainsi que deux membres de la permanence, la directrice générale, Nancy Piuze, et le représentant officiel, Michel Boileau. Dimanche, une autre membre du C. A., Denise Peter, annonçait aussi son départ, laissant seulement deux administrateurs en poste, dont le chef, Jean-François Gosselin.

Selon lui, il est maintenant essentiel d’améliorer les lignes de communication entre le caucus de Québec 21 et son C. A. Pour y arriver, il mandate son conseiller spécial, Richard Côté, embauché le 25 février dernier.

Le chef Gosselin semble fonder beaucoup d’espoir en celui qui a été conseiller municipal pendant 18 ans, dont six années comme vice-président du comité exécutif à la Ville de Québec et président d’ExpoCité de 2007 à 2013 avec Équipe Labeaume.

Son premier rôle sera de proposer de nouveaux administrateurs pour occuper un minimum de postes vacants et obtenir le quorum. Ainsi, il s’assurera, du moins pour l’instant, de mettre en place des gens qui sont fidèles au chef. Ces nominations devront être confirmées lors d’une élection à l’assemblée générale annuelle prévue à l’automne. 

Du même coup, M. Gosselin annule l’assemblée spéciale qui devait se tenir le 16 avril, et au cours duquel il aurait pu être soumis à un vote de confiance. C’est ce qu’espéraient les membres démissionnaires. «Ce n’est pas une manière de me défiler», a-t-il expliqué, soulevant le fait que c’était maintenant impossible de procéder au vote puisque le conseil d’administration est réduit presque à néant. Il a ajouté être prêt à se soumettre à un éventuel vote de confiance lors de l’assemblée générale si tel était le souhait des membres.

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Le mandat de M. Côté consiste aussi à «évaluer les pratiques du parti en matière d’éthique et de gouvernance», souligne Jean-François Gosselin. À ce chapitre, il faut «être irréprochable», insiste-t-il.

Rappelons que cette crise de confiance a abouti en février avec une demande d’enquête de M. Gosselin sur son propre parti, alléguant certaines «dépenses douteuses». Dans une lettre du 26 mars envoyée à la trésorière de la Ville de Québec, le vérificateur mandaté disait n’avoir «relevé aucune dépense qui était non-conforme».

Malgré tout, M. Gosselin a persisté en disant ne pas être fier de son organisation et demandait à «certaines personnes de repenser leur implication au sein du parti». On connaît la suite. Lundi, le chef qui semble avoir repris les rênes de son parti, indiquait qu’il était toujours impossible de dévoiler publiquement les conclusions du rapport.

Pour peu qu’on en sache, des membres du C. A. auraient participé aux délibérations pour des contrats qui leur ont été attribués et l’ex-président Serge Marcotte aurait agi de façon antidémocratique en ne fournissant pas à M. Gosselin la liste des membres du parti. Les démissionnaires ont répliqué à cette enquête en déposant une plainte contre M. Gosselin auprès de la Commission municipale du Québec pour avoir enfreint des règles de déontologie. «Ça ne m’inquiète pas, lance le principal intéressé. J’ai communiqué avec les instances concernées pour procéder rapidement et mettre tout ça derrière moi.»

Des éloges

Dans toute cette histoire, M. Gosselin se défend d’avoir manqué de poigne ou d’avoir été trop naïf en mettant sa confiance entre les mains du C. A. «Je suis comme je suis. J’ai demandé des conseils. Je l’ai géré du mieux que je pouvais, à ma manière. J’en prends une partie du blâme. La saine communication n’était pas au rendez-vous. Et c’est là-dessus que j’ai demandé à M. Côté de remettre ça en ordre.»

Richard Côté a reconnu que la restructuration du parti était déjà discutée lors de son embauche en février. Celui qui s’est joint à Québec 21, sans pour autant avoir des griefs contre son ancien chef, Régis Labeaume, n’avait que des éloges pour M. Gosselin.

«J’ai vu l’évolution de ce parti-là. J’ai vu Jean-François Gosselin en décembre 2017 et je le vois aujourd’hui, et la progression est extraordinaire. Il gagne à être connu. Il a un MBA. Il est bilingue. Il adore sa ville. Il a tous les atouts qu’on recherche d’une personne pour être maire.»