Aucun incident majeur ne s'est produit au Festibière en cinq ans, et ce, malgré une hausse de popularité.

Couvre-feu du Festibière: «On ne comprend pas ça», assure le maire Labeaume

Mettre fin à la vente d'alcool à 22h15 plutôt qu'à 23h au Festibière va à l'encontre de la philosophie du maire de Québec, Régis Labeaume, qui souhaite faire de la capitale «une ville festive». Non informé du changement de réglementation imposée par le Bureau des grands événements de la Ville, il s'est rendu en personne à Espace 400e, dimanche.
Tel que le rapportait Le Soleil dimanche, les amateurs de houblon et les exposants participant au Festibière ont pu constater que le dernier service se faisait plus tôt qu'auparavant. Lors des quatre premières années, les débits de boisson devaient cesser à 23h, heure ramenée cette année à 22h15 par le Bureau des grands événements.
Le cabinet du maire de Québec, Régis Labeaume, n'était pas au courant de la nouvelle règle. «Le maire l'a appris dans le journal [Le Soleil] ce matin», a confirmé son attaché de presse, Paul-Christian Nolin. «Le chef de cabinet ne le savait pas non plus.»
M. Labeaume s'est donc présenté en personne dimanche après-midi sur le site du Festibière pour mieux comprendre. Il y a rencontré les organisateurs pour leur dire qu'il n'était pas au fait du changement et qu'il souhaitait faire la lumière dans ce dossier. «C'est une initiative du Bureau des grands événements [et] on ne comprend pas ça. On va essayer d'éclaircir tout ça. À notre connaissance, il n'y a eu aucun incident dans le passé qui peut justifier un tel changement», a souligné M. Nolin. «On veut une ville festive. On n'interdit pas comme ça de finir l'événement à 23h.»
Le premier magistrat de Québec a assuré à l'organisation du Festibière qu'il allait revoir leur cas et qu'il allait poser des questions à qui de droit au Bureau des grands événements. «On ne blâme personne», nuance M. Nolin. «On aurait souhaité que les responsables nous avisent plus clairement qu'il y avait un changement.»
Dans la plupart des activités d'envergure tenues au centre-ville, la Ville de Québec tolère la vente d'alcool jusqu'à 23h. «Pour nous, 23h, c'est 23h», a tranché M. Nolin, laissant entendre que l'heure limite doit être la même pour tous les promoteurs.
Si l'intervention du maire est appréciée des organisateurs, ces derniers estiment que pour la présentation 2014 du Festibière, c'est déjà trop tard. «Le maire nous a dit qu'on ne pouvait pas être le seul événement pour qui [la limite est fixée à 22h15]», a expliqué M. Caron. Mais «le mal est fait pour cette année», a-t-il déploré.
Deux heures et demie de ventes perdues
En ramenant l'heure limite à 22h15, les exposants ont perdu au total près de deux heures et demie de ventes, et ce dans les périodes les plus achalandées. «Le peak est entre 22h et 23h», soutient Alex Caron. «Tout notre modèle financier repose sur les ventes et sur le couvre-feu.» Et le Festibière obtient un certain montant pour chaque vente réalisée par les exposants.
Malgré quatre de mois de négociations avec le Bureau des grands événements cet hiver et au printemps pour conserver l'heure fatidique de 23h, les fondateurs du Festibière peinent à expliquer le changement de réglementation. «On dirait qu'ils ont peur d'avoir peur», résume Alex Caron.
Leur événement étant associé à la bière et gagnant en popularité chaque année - le Festibière a enregistré une hausse d'achalandage de 20 % par année à ses quatre premières présentations, atteignant 120 000 visiteurs l'an dernier -, il présume que des craintes de sécurité sont envisagées. Certaines plaintes du voisinage situé en face d'Espace 400e ont aussi pu peser dans la balance. Mais Alex Caron répète qu'aucun incident majeur ne s'est produit en cinq ans.