Kevin Timmermans et sa conjointe Maïté Lequeux, un couple d’immigrants belges établi au Québec depuis 2013, ne parviennent pas à faire infirmer la décision du fédéral qui refuse toujours de leur délivrer un permis de travail.

Couple belge privé de travail: Labeaume décrie la «bêtise des normes»

L’histoire d’un couple d’immigrants belges privé de travail par Ottawa pour une raison administrative illustre la «bêtise» des standards nationaux en matière de main d’œuvre, dénonce le maire sortant.

Régis Labeaume s’est prononcé, mardi, sur le cas de Kevin Timmermans et sa conjointe, Maïté Lequeux, établis au Québec depuis 2013, et dont l’histoire a été relatée dans Le Soleil de dimanche. 

À son arrivée, M. Timmermans a profité d’un programme vacances-travail qui lui permettait d’occuper n’importe quel emploi pendant un an. En juin 2014, sa demande de renouvellement de permis de travail a toutefois été refusée au motif que son employeur, Latulippe, n’aurait pas fait les efforts raisonnables de recrutement ou de formation pour pourvoir au poste avec des résidents du Québec ou du Canada. 

Depuis, c’est la galère pour le couple, maintenant sans revenu. Il faut dire que Mme Lequeux, qui vient d’accoucher d’un second enfant, vit la même situation que son conjoint. Tous deux ne parviennent pas à faire infirmer la décision du fédéral qui refuse toujours de leur délivrer un permis de travail. 

Ils tentent maintenant de trouver une sortie dans les dédales d’Immigration Canada, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Ils espèrent une réponse positive à une demande de résidence permanente. Dans l’attente, ils vivent de leurs économies et font appel aux banques alimentaires. 

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre historique dans la région de Québec, le maire sortant aimerait pouvoir les aider. «C’est un cas un peu bête, a-t-il démarré en douceur. Je dis toujours que les métiers qui ne sont pas affichés dans la colonne «urgence» sont toujours un peu délaissés et le monsieur, c’est ça qu’il vit.»

Il a poursuivi en vitesse supérieure, en égratignant les règles mur-à-mur. «C’est toujours le problème des normes nationales et/ou régionales. Nous, à Québec, on a besoin de tout», résume-t-il.

«Si l’Institut national d’optique a besoin d’un physicien et que le gouvernement du Canada dit : “T’as pas besoin de prendre un nouvel arrivant parce qu’il en a une couple [de physiciens] de disponibles à Winnipeg, ça ne donne absolument rien. Parce qu’à Winnipeg”, ils ne viendront pas ici. C’est ça la bêtise, souvent, dans les normes et critères. Cette espèce de standards nationaux et régionaux. Ça ne nous donne absolument rien», déplore-t-il encore.

Dans ce cas documenté, l’employeur de M. Timmermans a confié au Soleil ne pas être en mesure de pourvoir tous les postes disponibles. Il a même payé 1200 $ pour appuyer chaque demande de permis de travail du jeune père de famille.

Après un appel à l’aide, la Ville a offert au couple une consultation gratuite d’une heure avec un spécialiste en immigration. Que peut-elle faire de plus? «Je veux communiquer avec eux. Je voulais faire ça, hier [lundi]», a lancé le maire Labeaume, sans en dire davantage.