Une promenade linéaire est dans les cartons de la Ville depuis les années 1990 pour relier le quartier Saint-Sacrement au quartier Saint-Jean-Baptiste. Certaines portions ont été réalisées, mais le lien continu n’est toujours pas existant.

Coteau Sainte-Geneviève: nouveau diagnostic et des sommes abrogées

La Ville de Québec et l’Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société (Institut EDS) de l’Université Laval ont conclu une entente pour l’élaboration par des étudiants de l’Université Laval, à l’été 2019, d’un nouveau diagnostic du coteau Sainte-Geneviève. Au même moment, la Ville de Québec efface plus de 800 000 $ disponibles pour l’aménagement du parc du coteau Sainte-Geneviève dans Saint-Sacrement.

La Ville de Québec paiera 15 000 $ pour ce diagnostic de l’Institut EDS dans le but de voir de quelle manière le coteau Sainte-Geneviève, qui relie Saint-Sacrement à Saint-Jean-Baptiste, en passant par la Basse-Ville, pourrait être aménagé. Selon la Ville de Québec, le milieu et les citoyens seront mis à contribution dans le diagnostic pour définir les actions prioritaires.

Inscrit dans le programme particulier d’urbanisme (PPU) Belvédère adopté le 5 juin 2017, le coteau Sainte-Geneviève fait l’objet de nombreuses attentes et suggestions depuis la fin des années 1990. Une promenade linéaire est dans les cartons de la Ville depuis ce temps-là pour relier les quartiers Saint-Sacrement et Saint-Jean-Baptiste. Certaines portions ont été réalisées, mais le lien continu n’est toujours pas existant, en particulier dans Saint-Sacrement, où des parties du coteau appartiennent à des particuliers ou à des entreprises.

De l’argent jeté aux oubliettes

Dans le PPU, la Ville indique souhaiter poursuivre l’aménagement de la promenade publique continue à travers le coteau. Une très bonne chose pour le conseiller municipal de Montcalm–Saint-Sacrement, Yvon Bussières, sauf que la Ville a voté lundi au conseil municipal l’abandon des sommes disponibles pour cet aménagement, plus de 800 000 $, alors que des plans du sentier sont sur la table depuis déjà un petit bout de temps.

«Le sentier doit passer par le parc Holland, continuer à l’arrière du Jeffery Hale pour rejoindre la Pente-Douce, puis se rendre au parc des Franciscains. Le but, c’est de réaliser un sentier tout le long du coteau, du Cégep Garneau jusqu’à Saint-Jean-Baptiste en passant par la Basse-Ville», indique-t-il.

M. Bussières rappelle que le coteau Sainte-Geneviève, avec son boisé urbain, agit comme un poumon ouvert pour la Basse-Ville et la Haute-Ville. Avec la fermeture des sommes disponibles, il s’inquiète de la volonté réelle de la Ville de créer cette promenade. «Ça ne reviendra jamais de telles sommes dans le quartier», dénonce-t-il. «Lorsqu’un projet ne se réalise pas, on ferme et, si un jour, on propose quelque chose de nouveau, on va refaire un règlement», poursuit-il. Mais quand? «On n’est pas près de le réaliser ce projet», pense le conseiller municipal.

Des propos que réfute la conseillère municipale responsable des dossiers de l’environnement et du développement durable, Suzanne Verreault. «Les sommes demeurent dans les dépenses tant que le projet n’est pas réalisé. La Ville a besoin de faire le ménage pour avoir un programme triennal d’immobilisations [PTI] à jour avec des projets qu’on est certain de réaliser pendant le PTI, mais ça ne veut pas dire qu’on ne fera rien pour le coteau Sainte-Geneviève», insiste-t-elle.

Retour à la case départ?

Selon Mme Verreault, la Ville pourrait revenir avec un projet d’aménagement d’ici cinq à six ans. Une éternité pour les citoyens de Saint-Sacrement qui réclament cette promenade depuis des années.

Une promenade linéaire est dans les cartons de la Ville depuis les années 1990 pour relier le quartier Saint-Sacrement au quartier Saint-Jean-Baptiste. Certaines portions ont été réalisées, mais le lien continu n’est toujours pas existant.

Les membres du C. A. du conseil de quartier de Saint-Sacrement sont restés «bouche bée» lorsqu’ils ont appris la nouvelle de la fermeture des sommes et d’un éventuel projet entre la Ville et l’Université Laval. «S’il y avait un projet avec l’école d’architecture, on comprendrait. On est rendu là. On va suivre ça, c’est presque impensable qu’il n’y ait rien avec ça. Les citoyens veulent quelque chose», affirme la présidente du conseil de quartier de Saint-Sacrement, Marie-Christine Boulanger.

Le conseil de quartier a d’ailleurs inscrit dans son plan d’action l’aménagement du coteau Sainte-Geneviève pour surveiller ce qui va être entrepris par la Ville dans les prochaines années. Au total, la Ville de Québec a abrogé plus de 11 millions $ qui étaient disponibles pour différents projets.