«C'est un bel honneur pour Québec. C'est un peu ironique dans le débat sur la charte, mais nous, on est bien fiers de Gérald Cyprien Lacroix», a dit mardi le maire Régis Labeaume.

Conversion du Concorde: Labeaume, de l'indifférence à l'engagement

De retour de vacances, le maire de Québec a dénoncé le mépris des aînés qui teinte le débat sur la transformation du Loews Le Concorde, tout en militant pour la relance de l'hôtel... Avant de partir pour les Fêtes, Régis Labeaume affichait pourtant une indifférence totale devant la fermeture de l'établissement, tout en critiquant vertement sa possible mutation en résidence pour personnes âgées!
En début de semaine, le maire Labeaume a carrément offert ses services pour «tenter de trouver un acheteur» prêt à poursuivre les activités hôtelières au Concorde. «J'ai déjà fait des téléphones. Je lance un appel public. [...] Ce qui nous importe est la vocation de la Grande Allée. Le Concorde est situé dans l'épicentre. Il y a un nightlife qu'il est important de maintenir.»
Un louvoiement surprenant. Mi-décembre, Régis Labeaume avait plutôt fait preuve d'un je-m'en-foutisme certain en commentant la fermeture imminente de l'entreprise: «Ça ne remet absolument pas en question ce qu'on est comme destination touristique. Je vais banaliser un peu. Entre vous et moi, que Le Concorde ferme, avec le nombre d'auberges qui ont ouvert à Québec, il n'y a pas de problème. Il n'y a aucun problème. Moi, je m'excuse, mais je le vois exactement comme ça et ça ne me dérange pas du tout.»
Conditions de travail
Sur sa lancée, il avait ajouté que l'hôtel n'est plus viable et que les conditions de travail des syndiqués avaient accéléré la débâcle. «Le Concorde, c'est un problème de coûts, tout le monde le sait. Ça ne marchait plus. Les employés avaient réussi à aller chercher de bons salaires, on ne peut pas les blâmer mais, visiblement, c'était au-dessus des capacités de l'organisation et au-dessus de ce qui se passait ailleurs.»
Tant pis si l'hôtel inauguré en 1974 doit mettre la clé sous la porte. Ce qui inquiétait Régis Labeaume, c'était plutôt l'avenir de l'édifice: «Ce qui me dérange, c'est ce qu'ils vont faire avec.» Régis Labeaume avait eu vent du projet de conversion en résidences pour aînés autonomes... Il avait d'ailleurs exprimé de vives réticences dès la fin novembre. «On ne pourra pas faire n'importe quoi, ça c'est certain. Je trouve que ça ne marche pas, on ne fait pas ça sur la Grande Allée, parce qu'on sait qu'il y a des rumeurs. Ça me semble incongru avec le lieu.»
Régis Labeaume a précisé sa pensée au cours du mois de décembre. Il a dénigré le dessein du Groupe Savoie, propriétaire des Résidences Soleil: «S'ils veulent en faire un CHSLD, là.»
Début janvier, lorsqu'une entente est intervenue entre Loews et l'entreprise qui détient plus de 6000 appartements pour retraités au Québec, le maire de la capitale a même interrompu ses vacances pour évaluer les pouvoirs légaux de la Ville afin de bloquer la vente. Mardi, il a d'ailleurs rappelé qu'il appartient à l'administration municipale d'approuver ou non le changement de vocation...