Le président du RTC, Rémy Normand, soutient que l’ensemble du projet du tramway ne sera pas affecté par le nouveau délai de construction du Phare, où est prévu un pôle d’échanges.

Construction du Phare reportée: le tramway garde le cap

Le report du début de la construction du Phare en 2021 n’aura aucune incidence sur le projet de tramway, affirme le président du RTC, Rémy Normand, même si le pôle d’échanges prévu sous le gratte-ciel n’est pas livré le 1er janvier 2022.

Le scénario prévu entre la Ville de Québec et le Groupe Dallaire pour le pôle d’échanges ne répond pas à l’exigence du ministère des Transports du Québec (MTQ) de prévoir une interconnexion avec les bus de la Rive-Sud. 

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«Imaginez qu’il y a des bus de la Rive-Sud qui vont entrer, que le tramway va être là avec un corridor de connexion au pôle, que les bus du RTC vont rentrer, les express, le métrobus et tout ça alors il faut vraiment le penser comme il faut», a expliqué M. Normand, jeudi, lors d’un point presse impromptue après la sortie dans le Journal de Québec du président et chef de la direction du Groupe Dallaire, Michel Dallaire, où l’on apprenait que le report des travaux mettait au chômage 71 personnes,

«C’est une question d’emplacement. Est-ce qu’on permet aux autobus de la Rive-Sud de rentrer dans le terminus? Est-ce qu’on fait le terminus ailleurs dans le secteur?», a-t-il poursuivi. 

Mais le choix final n’aura aucun impact sur la mise en service du tramway en 2026, a promis M. Normand, ni sur les travaux sur le boulevard Laurier. «Il n’y a rien qui est retardé sauf le projet du Phare. On fait un pas de côté pour Le Phare, mais le reste du projet roule normalement.»

En décembre, la Ville de Québec avait voté un règlement disant que le Groupe Dallaire devait avoir livré le pôle d’échanges pour le 1er janvier 2022. Pour M. Normand, la date de livraison n’a pas vraiment d’importance. «On avait mis cette échéance-là en si disant si on l’a plus tôt que plus tard, c’est mieux, mais il n’y aura pas d’opérations avant 2023 ou 2024.»

Des discussions depuis avril 

M. Normand a avoué qu’il y avait des discussions avec le MTQ depuis avril. «Au fur et à mesure des rencontres, on s’est rendu compte qu’il y avait des défis opérationnels», a-t-il mentionné en précisant que le MTQ avait repris le dossier de l’interconnexion des mains de Lévis en décembre.

Même s’il ne rejette la faute sur personne, M. Normand a tout de même envoyé une petite pique à Lévis en rappelant que rien n’a été fait de leur part pour travailler sur cette interconnexion. «Il n’y avait pas de Rive-Sud auparavant. C’est Lévis qui devait travailler sa connexion avec les quatre scénarios qu’on avait mis sur la table», a fait valoir M. Normand. 

«Ils n’ont rien fait durant des mois à tel point que lorsque le nouveau gouvernement a été élu, il a dit : “On tire la plogue, c’est nous autres qui allons la faire l’interconnexion”», a-t-il soutenu, ce qui a fait bondir le maire de Lévis, Gilles Lehouillier (voir autre texte).

Changer de site?

Pour le président du RTC, le site du Phare est «toujours le meilleur choix», mais le conseiller municipal de Démocratie Québec, Jean Rousseau, estime que le pôle pourrait être implanté dans le secteur du stationnement du Canadian Tire, au coin de la route de l’Église et du boulevard Hochelaga, ou sous l’édifice du ministère de la Justice. «Il faudrait qu’on travaille avec ce qui est existant et non pas ce qui est envisagé. Le projet du Phare est problématique.»

De son côté, le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, a déploré à nouveau la mauvaise planification de l’équipe Labeaume. «C’est une véritable douche d’eau froide qui vient d’être jetée sur la tête de l’administration Labeaume, a-t-il lancé. Ça met en doute tous les échéanciers du projet.»

M. Gosselin se questionne également sur les coûts véritables et s’il existe un différend entre le Groupe Dallaire et la Ville de Québec à ce sujet. 

La part financière du Groupe Dallaire dans la construction du pôle d’échanges n’est pas encore déterminée, a affirmé Rémy Normand. Par contre, les changements demandés par le MTQ devront être payés par le ministère s’il y a des coûts supplémentaires. La firme d’ingénierie Systra a été mandatée cette semaine par la Ville de Québec pour travailler sur l’interconnexion. 

Michel Dallaire n’a pas souhaité répondre aux questions du Soleil.