Il aura fallu attendre la fin du conseil municipal pour entendre les excuses du maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger, pour ses manquements à l’éthique le 11 décembre 2018.

Conseil municipal rocambolesque à L’Ancienne-Lorette

Les citoyens de L’Ancienne-Lorette ont eu droit à un conseil municipal rocambolesque, mardi, alors que le maire Émile Loranger devait présenter ses excuses publiques pour son comportement du 11 décembre 2018.

Cela devait être le conseil municipal de la rédemption. Mais le maire de L’Ancienne-Lorette avait apparemment oublié les raisons pour lesquelles le juge administratif Thierry Usclat l’avait condamné à lire une lettre d’excuse. Il a passé la soirée à se battre avec les conseillers municipaux.

Il a entre autres réitéré son opposition à donner son salaire au maire suppléant s’il ne peut pas assumer ses fonctions. Il refuse également d’être présent au conseil d’agglomération. La soirée a atteint un degré irréaliste lorsque les élus ont dû voter sur des comptes à payer. 

Le conseiller municipal indépendant, Gaétan Pageau, a demandé des précisions sur une facture d’avocat, se questionnant si la Ville de L’Ancienne-Lorette devait payer pour les démêlés judiciaires de M. Loranger. 

Cette facture concerne une procédure entre TVA et M. Loranger sur une demande d’accès à l’information par TVA, il y a plusieurs mois, sur des documents à propos de la plainte pour harcèlement psychologique. M. Loranger a engagé un avocat à titre privé pour le défendre, mais la Ville a également mandaté un avocat pour répondre aux questions de la cour. 

M. Loranger estime que la Ville doit payer l’avocat mandaté par celle-ci, il s’agit d’une facture d’un peu plus de 500 $. En plus de cette facture, la Ville risque d’en recevoir une autre puisque le maire Loranger est convoqué jeudi par la cour d’appel à propos de cette histoire avec TVA. 

Les élus se sont déchirés pendant de longues minutes pour statuer si la Ville devait continuer à envoyer un avocat et si elle devait payer les frais judiciaires. M. Loranger a dit qu’il allait se battre et il a demandé au greffier de préparer une documentation ce qui va coûter encore des frais à L’Ancienne-Lorette. 

Le maire s’excuse

L’attitude du maire a choqué de nombreux citoyens venus spécialement pour entendre les excuses de M. Loranger. «Je ne suis pas fière du conseil», a déclaré une citoyenne alors qu’un autre a dit que les gens de L’Ancienne-Lorette passaient pour des «clowns».

Il aura fallu attendre la fin du conseil municipal pour entendre les excuses du maire pour ses manquements à l’éthique le 11 décembre 2018. Le message du maire était destiné à l’ensemble de la population de L’Ancienne-Lorette. 

«Je reconnais que je n’aurais pas dû voter sur cette proposition, car le sujet traité me mettait dans une situation où j’étais susceptible de me voir faire le choix entre l’intérêt personnel et celui de la municipalité, ce qui interdit le code d’éthique. Je présente à toutes et à tous mes excuses les plus sincères pour les inconvénients que cette situation a pu causer. J’ai une pensée particulière pour toutes les personnes que cette situation a pu embarrasser. Je souhaite que cette intervention publique, que je fais et la sanction disciplinaire que j’assume, marque la fin de cet épisode qui a déjà causé beaucoup trop de remous.»

«J’ai toujours eu à cœur les intérêts de la ville de L’Ancienne-Lorette et les bien-être de ses habitants. Je suis disposé à continuer d’agir à titre de maire et d’y mettre toutes mes énergies positives pour la réussite du développement de notre ville dans le plus grand respect des règles de notre code d’éthique. Je tends la main à toutes les conseillères et conseillers afin que nous puissions, dans un climat serein, réussir des projets qui vont permettre à L’Ancienne-Lorette de continuer d’être un lieu où il fait bon vivre et qu’ensemble, nous en ressortions tous plus forts.»

À la fin de la lecture qui aura duré deux minutes, il a avisé les gens et les médias dans la salle qu’il ne répondrait à aucune question. Il s’est levé précipitamment et il a quitté la salle, cédant son siège sans avertissement à la mairesse suppléante Sylvie Falardeau. 

Le juge Usclat n’a pas encore statué sur la suggestion commune d’une suspension sans solde de 60 jours.