Jean-François Gosselin (ici en compagnie de son collègue Stevens Melançon) a pris part lundi soir à son premier conseil municipal à l'hôtel de ville de Québec.

Conseil 101 pour Gosselin

La séance du conseil municipal était à peine commencée que le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, posait déjà une première question sensible au maire Labeaume. Mais comme les autres qui devaient suivre, aucune n’a véritablement atteint sa cible.

«La collaboration n’a pas duré longtemps: 7 minutes 45», un brin ironique, la remarque du maire Labeaume était en introduction à sa réponse au chef de Qc21. M. Gosselin venait de jeter un premier pavé dans la mare. 

«M. Labeaume n’a pas de mandat pour aller de l’avant avec son projet de réseau structurant parce qu’il n’en a pas parlé pendant l’élection. Il va présenter le projet, dire combien il va coûter et par où il va passer et il va aller en référendum», a-t-il exigé.

M. Gosselin a même ajouté qu’il aimerait que le maire fasse la preuve du gain net de son projet de transport comme il souhaite obtenir la preuve du gain net d’un 3e lien.

Ce à quoi le maire a rétorqué: «C’est le propre d’une certaine de droite de nier l’évidence. Il ne faut pas nier l’intelligence de l’électeur à la dernière élection», laisse-t-il entendre. Il prend pour preuve que 75% ont voté pour un réseau de transport en commun, tenant compte des 15% obtenus par Démocratie Québec avec son projet de tramway. «On ne refera pas l’élection», a-t-il ajouté.

C’est pourtant bien ce que M. Gosselin a tenté de faire en reprenant, tour à tour, les grands thèmes de sa campagne. Il a questionné le maire sur le troisième lien, puis l’administration publique. Jamais le maire n’a paru embarrassé. Il s’est même permis de soupirer en hochant la tête à une des questions.

En ce qui a trait au troisième lien, il a invité les politiciens à se taire et à laisser les professionnels du bureau de projet faire leur travail.

Dans l’ensemble, ce premier face-à-face entre le maire et le chef de l’opposition n’a pas engendré de grandes confrontations. Le décorum du conseil restreint les prises de parole contrairement à ce qu’on a pu voir dans les débats pendant la campagne.

Le maire Régis Labeaume et la conseillère Marie-Josée Savard

À l’ordre, messieurs

Une seule fois, la présidente est intervenue auprès de messieurs Gosselin et Labeaume. Il s’agissait davantage d’une remise à l’ordre à la suite d’un imbroglio plutôt que d’un avertissement. «M. Labeaume, je dois vous demander de revenir au sujet principal.»

«De quoi on parle? Aidez-moi, je ne le sais plus», a lancé le maire, en tentant de répondre aux questions, parfois diffuses, de son vis-à-vis. La réaction a provoqué un éclat de rire généralisé.

À la fin de la séance, M. Gosselin affichait une mine de contentement pour une première présence. «On en a des questions. Le réseau structurant, on va y revenir. À force de poser des questions, on va obtenir des réponses», soutient-il, conscient de ne pas avoir réussi à tirer beaucoup d’information de ce premier conseil.

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RIVIÈRE LORETTE: LES DISCUSSIONS REPRENNENT

Le maire Régis Labeaume a annoncé lundi soir avoir eu des discussions dans la journée avec la ministre de l’Environnement, Isabelle Melançon, pour trouver une solution à l’impasse de la rivière Lorette.

Lundi dernier, l’administration Labeaume a confirmé qu’elle abandonnait son projet de mur anti-crue. La Ville se retire parce que de nouvelles exigences gouvernementales font passer le projet initial de 68,9 millions $ à un coût oscillant entre 80 et 100 millions $. Le maire juge cette facture beaucoup trop élevée alors qu’il n’a aucune garantie que le ministère acceptera de retirer de la carte de la zone inondable les 287 résidences actuellement incluses dans ce périmètre. Il en faisait pourtant une condition sine qua non à l’érection du mur.

Lundi soir, le président du Comité des sinistrés, Mario Dubé, s’est adressé aux élus pour leur faire part des inquiétudes des citoyens à la suite de l’abandon du projet.

Le maire a réitéré la «bonne foi» de la ville. Il a rappelé qu’elle aura investi 46 millions $ à la fin de la prochaine année pour éviter que se répètent les événements de 2005 et de 2013. Il y a 12 ans, 500 résidences avaient subi des dommages par l’eau à la suite d’une crue centennale.

Le maire a aussi reproché au Comité des sinistrés de ne pas l’avoir appuyé dans ses revendications auprès de la ministre de l’Environnement. M. Dubé, comme le maire de L’Ancienne-Lorette, est d’avis qu’il faut d’abord construire le mur et négocier plus tard le retrait des résidences de la zone inondable.

Les pourparlers qui s’engagent entre la Ville de Québec et le ministère ne sont pas un gage de succès, a souligné le maire. «Je ne veux pas que les gens se fassent de faux espoirs», avise-t-il, insistant sur le fait que les travaux déjà réalisés permettent de protéger les citoyens du secteur de Lorette de crues soudaines comme tout autre citoyen de la ville.