Sur le site de Calèches Québec, samedi il était encore possible de remplir une demande d’informations pour un tour en tramway.

Confusion chez Calèches Québec

Une certaine confusion règne chez Calèches Québec au lendemain de la date butoir pour la fermeture de l’entreprise.

Du côté du syndicat, dont les membres sont en grève suivie d’un lock-out depuis juillet, on assure avoir tout fait pour éviter la situation. Des solutions ont même été proposées par les employés pour racheter l’entreprise. Le syndicat est également retourné à la table des négociations avec un nouveau comité et a mis fin au piquetage, mais l’employeur n’a pas changé de position. 


« Il nous a fait une offre dérisoire. On n’est pas désespéré au point de prendre n’importe quelle offre pour sauver l’entreprise. »
Vincent Boissonneault, délégué syndical

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Du côté de Calèches Québec, le propriétaire de l’entreprise, Simon Genest-Mainguy, a coupé court à la demande d’entrevue du Soleil. «Je n’ai pas de commentaire à faire», a-t-il répliqué alors que Le Soleil tentait de savoir si l’entreprise était bien fermée ou encore en opération.

Des questions que le syndicat se pose également. «Le tramway était en opération ces dernières semaines, là il n’est plus censé fonctionner si l’entreprise est fermée, mais on ne sait pas», a mentionné M. Boissonneault.

Sur le site de Calèches Québec, samedi, il était encore possible de remplir une demande d’informations pour un tour en tramway.

Le syndicat a porté plainte au tribunal du travail pour non-respect de la grève par Calèches Québec. «En raison de l’article 109.1, on conteste l’utilisation de briseurs de grève par l’employeur. Le tramway a continué à prendre des clients, même si on était en grève», a-t-il poursuivi.

Création d’une coopérative

Avec la fermeture, le syndicat a cessé son mouvement de grève, mais continue à garder un œil sur l’entreprise. «Si le tramway fonctionne alors que l’entreprise est normalement fermée, on va réagir c’est sûr», a indiqué M. Boissonneault.

Le syndicat est encore ouvert à toutes négociations avec l’employeur pour le rachat de l’entreprise ou la location du matériel. Les employés réfléchissent aussi à la création d’une coopérative. «On veut sauver l’industrie et l’héritage des calèches dans le Vieux-Québec. On croit encore à ce service», a-t-il affirmé.

Calèches Québec possède 14 des 17 permis de calèches à Québec.

Rappel des faits

24 juillet : Déclenchement de la grève. Le conflit de travail porte sur les salaires, la reconnaissance de l’ancienneté et les conditions de travail.

25 juillet : La porte-parole du syndicat des cochers de Calèches Québec, Stéphanie Pagé, a été renvoyée par son employeur, qui a mis fin à sa période de probation, après quatre ans à son service. Le syndicat refuse de retourner à la table des négociations tant que Mme Pagé n’aura pas été réintégrée.

15 août : Les négociations sont à nouveau rompues après un court espoir de règlement.

3 septembre : Le directeur général de l’entreprise, Simon Genest-Mainguy, jette l’éponge en révélant en entrevue au Soleil avoir «perdu confiance» envers le comité de négociation et les délégués syndicaux représentant ses employés. Il annonce alors une fermeture pour le 26 octobre.

26 octobre : Fermeture de l’entreprise