Le ministre de la Culture, Maka Kotto

Condos  Woodfield-Sillery : il faut aussi «respecter le propriétaire», dit Kotto

Les intérêts privés doivent aussi être considérés dans le projet de 70 condos Woodfield, soutient le ministre de la Culture, Maka Kotto qui a reçu à son bureau mercredi trois opposants à ce projet sur les terres patrimoniales de Sillery.
Charles-Robert Dionne de la Coalition pour l'arrondissement historique de Sillery, Marcel Junius d'Héritage Québec et Jean-Louis Vallée ne lâchent pas le morceau. Ils ne veulent rien savoir du domaine Woodfield, auquel M. Kotto a donné son feu vert le 19 décembre. Mercredi, ils ont fait valoir leur point directement au ministre, qui a promis de leur répondre «par écrit d'ici quelques jours».
On ignore ce que contiendra la réponse «point par point» de M. Kotto. Mais déjà à la sortie de la rencontre de près d'une heure mercredi matin, le ministre a rappelé que le terrain du cimetière Saint-Patrick de Sillery où Bilodeau immobilier entend construire 70 condos est privé.
«Il ne faut pas négliger que ce n'est pas le ministère qui en est propriétaire. C'est un terrain privé, et il faut respecter le propriétaire aussi», a dit M. Kotto.
Les trois hommes ont exposé les raisons de leur opposition. Ils souhaitent que M. Kotto change d'idée et interdise la construction afin de préserver intact le boisé Woodfield.
«Le ministre a dit qu'il nous a entendus, mais qu'il devait tenir compte, dans un esprit non partisan, de l'intérêt commun, notamment les intérêts du promoteur», a commenté Charles-Robert Dionne de la Coalition pour l'arrondissement historique de Sillery. Le ministre, dit-il, a aussi demandé des «pistes de solution» à ses interlocuteurs.
M. Dionne et ses deux acolytes ont notamment fait valoir l'étude du professeur en sciences forestières de l'Université Laval Jean Bousquet, qui dénonce le sort réservé aux arbres centenaires du boisé.
Cette rencontre est survenue alors que les opposants ont obtenu plusieurs appuis, dont celui de l'exécutif du Parti québécois dans Jean-Talon. Le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Paul Shoiry, s'est aussi prononcé pour la préservation du boisé. Même chose pour l'administration du maire Régis Labeaume qui, dans son scénario de développement présenté en juin, excluait le projet Woodfield. Encore mardi, le maire résigné devant la décision du ministre, a qualifié la situation de «quand même ironique».