Le complexe résidentiel Woodfield sera construit sur une partie du cimetière Saint-Patrick, sur les terres patrimoniales de Sillery.

Condos Woodfield à Sillery : feu vert du ministre Kotto

Le projet d'environ 70 condominiums Woodfield sur les terres patrimoniales de Sillery est officiellement accepté par le ministre québécois de la Culture, Maka Kotto. Mais le fait que le promoteur s'engage à protéger les boisés comme l'exige le gouvernement ne calme pas la grogne des opposants qui dénonceront le projet en conférence de presse vendredi matin.
Déjà, le 4 décembre, lors de sa présentation d'un projet de loi sur les règles entourant le développement des domaines religieux, le ministre Kotto avait annoncé qu'il permettra au promoteur Bilodeau immobilier d'aller de l'avant pour ce complexe résidentiel qui sera construit sur une partie du cimetière Saint-Patrick. Mais à condition que le promoteur s'engage à préserver le boisé. Après des négociations, la firme Bilodeau a officiellement reçu le feu vert le 19 décembre. «Il a satisfait aux exigences», a confirmé au Soleil la chef de cabinet du ministre Kotto, Shirley Bishop.
Bilodeau immobilier s'engage notamment à protéger le boisé et à retransplanter certains arbres. Le tout sous une supervision stricte du Ministère, a ajouté Mme Bishop.
Du côté de Bilodeau immobilier, le porte-parole Richard Labrie voit l'aboutissement de plusieurs années de discussions. «Huit ans de représentations» pour ce projet qui a vu passer «trois ministres». Le promoteur assure qu'il continuera à collaborer à toutes les étapes du développement.
L'opposition continue
L'accord du ministre au projet ne change toutefois rien à la position des groupes de défenses du patrimoine. Vendredi matin, Héritage Québec, la Société d'histoire de Sillery, la Coalition pour l'arrondissement historique de Sillery, Québec Arbres et le conseil de quartier de Sillery feront de nouveau valoir leur opposition à ce projet immobilier qu'ils jugent «irrecevable».
Pour la présidente d'Héritage Québec, Johanne Elsener, le boisé, en plus d'être composé d'arbres souvent centenaires, constitue un écran visuel qu'il faut préserver dans son entièreté. Elle craint aussi de voir ce terrain «perdre de sa grande valeur» une fois construit.