La Ville de Québec a adopté un règlement de contrôle intérimaire pour maintenir une vocation hôtelière au Concorde, ce qui est dans son droit, estime un avocat spécialisé en droit municipal.

Concorde: «Objectifs atteints à 100%», dit Labeaume

«Objectifs atteints à 100 %.» Régis Labeaume se réjouit de la vente du Concorde à l'homme d'affaires Jean-Guy Sylvain. Pour le reste, le maire de Québec ne veut plus entendre parler du dossier. Et ce, même s'il pourrait faire face à des poursuites pour avoir associé un premier groupe d'acheteurs à la mafia.
«Le Concorde va rester un hôtel. Nos objectifs sont atteints totalement. Maintenant, c'est terminé. Le dossier est derrière moi. Les acheteurs qui étaient là-dedans ne m'intéressent plus», a tranché le maire de Québec en point de presse avant le conseil municipal.
Pressé de questions par les journalistes au moment où le premier groupe d'acheteurs qu'il avait associé à la mafia menace de le poursuivre, M. Labeaume a souhaité changer de sujet.
«Avez-vous un autre sujet?» a-t-il répliqué, visiblement irrité. «Ça ne m'intéresse pas. C'est terminé», a-t-il martelé.
Le maire de Québec réagissait pour la première fois depuis mercredi dernier, moment où la saga de la vente de l'immeuble de la Grande Allée connaissait un nouveau chapitre avec l'annonce de son achat par le groupe de M. Sylvain. Ils ont acheté Le Concorde à l'homme d'affaires Eddy Savoie qui l'avait lui-même acheté du groupe américain Loews pour 11 millions $. M. Savoie comptait en faire des résidences pour personnes âgées, ce à quoi s'opposait l'administration Labeaume qui voulait en garder la vocation hôtelière.
Le groupe d'acheteurs formé de Jean-Guy Sylvain, Paul Duroché et Giovanni Santoianni, qui compte notamment dans son giron l'Hôtel Universel à Québec et l'Auberge Royal Versailles à Montréal, a visiblement la confiance du maire.
Il en était toutefois tout autrement pour un groupe d'acheteurs anonymes que Régis Labeaume avait publiquement soupçonné, il y a deux semaines, d'être associé à Tony Magi, proche de la mafia montréalaise.
Ce groupe anonyme représenté par Me Stéphane Harvey estime que les propos du maire ont fait déraper la transaction et que ses paroles étaient diffamatoires. Ils songent à poursuivre le maire de Québec (voir encadré).
La conclusion de la transaction avec le nouveau groupe ne changera toutefois rien à l'étude que la Ville de Québec avait lancée sur l'impact de la fermeture du Concorde. Le maire, qui la juge peu chère à 25 000 $, estime qu'elle sera utile pour la connaissance de l'industrie touristique dans le secteur.
Pas d'excuses à Eddy Savoie
Régis Labeaume a aussi été clair mardi: pas question de s'excuser pour les propos tenus à l'endroit de l'homme d'affaires Eddy Savoie qu'il a traité de «dangereux».
M. Savoie a déclaré mardi qu'il ne poursuivrait pas le maire en diffamation s'il s'excusait.
«Un chausson avec ça?» a ironisé Régis Labeaume, refusant catégoriquement de revenir sur ses propos.
Joint en soirée, Eddy Savoie s'est désolé de cette réponse. «C'est sa façon de voir», a-t-il laissé tomber. Le propriétaire des Résidences Soleil a réitéré mardi qu'il ne souhaitait pas poursuivre pour ne pas faire «dépenser les sous des contribuables» en frais de défense du maire. Maintenant qu'il semble clair que Régis Labeaume ne s'excusera pas, M. Savoie n'écarte pas de poursuivre. «On va analyser ça et prendre une sage décision», a-t-il dit.
<p>Si Régis Labeaume en a marre d'entendre parler du Concorde, l'histoire n'est pas encore terminée. Le groupe d'investisseurs anonymes qui voulaient acheter le Concorde menacent de poursuivre le maire. Les avis de réclamation doivent d'ailleurs être déposée mercredi. </p>
Un pas de plus vers une poursuite
Les avis de réclamation en vue d'une poursuite contre Régis Labeaume seront signifiés à la Ville de Québec mercredi. Le premier groupe d'investisseurs anonymes qui souhaitait acheter Le Concorde estime que le maire a fait dérailler la transaction et tenu des propos diffamatoires en associant le groupe à la mafia, a indiqué mardi l'avocat du groupe, Me Stéphane Harvey. Ce type d'avis donne six mois à une personne qui souhaite poursuivre pour décider si elle ira de l'avant. «Ça ne nous engage pas à déposer la poursuite», a poursuivi Me Harvey qui représente ce groupe toujours anonyme qui assure n'avoir aucun lien avec la mafia, contrairement aux allégations du maire.
Labeaume n'arrive pas à joindre Loranger
Régis Labeaume aimerait bien discuter de sacs de sable avec Émile Loranger, mais il dit ne pas arriver à entrer en contact avec lui. «J'essaie de joindre M. Loranger, mais il est dans le Sud», a dit le maire de Québec à propos de son homologue de L'Ancienne-Lorette. M. Loranger est connu pour passer l'hiver en Floride depuis plusieurs années. «Il revient vendredi. Il est quelque part», a laissé tomber M. Labeaume dans une pointe à peine voilée aux habitudes floridiennes du maire lorettain. Mercredi dernier, Le Soleil révélait que le ministère de l'Environnement renvoie la balle à la Ville de Québec et à l'agglomération pour régler le dossier des sacs de sable déposés en août dernier le long de la rivière Lorette. Le ministère de l'Environnement les juge «non conformes» et le 14 avril M. Labeaume et M. Loranger s'étaient entendus lors d'une rencontre pour que L'Ancienne-Lorette règle elle-même le dossier avec le Ministère.