Concorde: le ministre Bérubé plaide pour le maintien de l'hôtellerie

Le ministre du Tourisme du Québec ajoute sa voix à celle de sa collègue Agnès Maltais pour plaider en faveur du maintien de la vocation hôtelière du Concorde sur la Grande Allée.
«C'est stratégique pour le Centre des congrès, pour le tourisme d'affaires. [...] Pour avoir des événements majeurs, il faut garantir un nombre de chambres à proximité de ce site magnifique qu'est le Vieux-Québec. C'est évident que si on peut maintenir cette vocation hôtelière, je serai un de ses partisans avec ma collègue», a soutenu mercredi le député de Matane-Matapédia et ministre délégué au Tourisme, Pascal Bérubé.
L'hôtel a fermé ses portes la semaine dernière, mettant fin à 40 ans d'activité d'hébergement touristique et d'affaires dans l'édifice qui comptait 406 chambres. Cependant, pas question pour le gouvernement de s'impliquer financièrement dans l'affaire, a tranché M. Bérubé. «On n'intervient pas dans l'hôtellerie.»
«Signal» gouvernemental
Le ministre a ajouté que son gouvernement voulait «envoyer un signal». «Nous, on pense, avec le Centre des congrès, qui relève du gouvernement du Québec, qu'on a besoin d'un nombre de chambres suffisant. Et c'est clair que le Concorde est au coeur de notre stratégie.»
Il a cependant rappelé que la décision est «entre les mains de la Ville de Québec». Mais le message lancé est «stratégique», selon la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais. «Le gouvernement dit qu'il donne son appui à une vocation hôtelière au Concorde. C'est un message, croyez-moi, qui doit se rendre.»
Le maire de Québec, Régis Labeaume, a enclenché une démarche pour chercher des acheteurs prêts à conserver l'hôtel sur la Grande Allée. Il a rappelé récemment que son administration prendrait tout le temps nécessaire pour y parvenir.
Pendant ce temps, le propriétaire et fondateur du Groupe Savoie et des Résidences Soleil, Eddy Savoie, a conclu une entente de principe avec Loews pour l'achat de l'immeuble afin de le convertir en résidence pour personnes âgées. L'entente, qui arrivait à échéance le 16 février, a déjà été renouvelée une fois, révélait hier le Journal de Québec. Elle est maintenant valide jusqu'au 28 février. M. Savoie affirme qu'il retournera auprès des gens de New York pour négocier un nouveau délai si, d'ici là, la Ville n'a pas rendu sa décision pour le changement d'usage au zonage qu'il a demandé pour la réalisation de son projet.
Pas de pression de Savoie
Eddy Savoie a d'ailleurs voulu calmer le jeu, hier, en entrevue au Soleil. Il a réaffirmé que son entreprise n'a aucunement l'intention de presser les élus de la Ville qui doivent prendre une décision sur la demande de changement d'usage. «Je fais attention parce que monsieur le maire, on dirait que des fois il pense que je mets de la pression. Je ne mets pas de la pression. Je veux simplement savoir.»
S'il espère obtenir la réponse bientôt, M. Savoie assure qu'il retirera son offre «sans aucune contestation» si Régis Labeaume trouve preneur pour le Concorde. «S'il y a un hôtelier qui veut s'installer là, je me retire, tout simplement. J'envoie la lettre tout de suite à Loews, à New York, et on se retire.»
Le maire Labeaume n'avait pas apprécié qu'Eddy Savoie affirme qu'il était confiant «à 99,9 %» de pouvoir réaliser son projet. «On n'est pas du genre à se laisser pousser dans le dos», avait répliqué le maire. Avec Michel Corbeil