Depuis mercredi soir, l'édifice du Concorde est mis en lumière la nuit à l'aide d'un système DEL qui a coûté plus de 500 000 $.

Concorde : encore du travail à faire

Même si beaucoup de travail et d'investissement restent à faire, Jean-Guy Sylvain et son groupe d'investisseurs ont pris un temps d'arrêt, mercredi, pour fêter officiellement la réouverture du Concorde sur la Grande Allée.
Plus de 1200 personnes étaient attendues pour visiter l'hôtel ainsi que le restaurant Ciel! ouvert jeudi dernier.
Depuis mercredi soir, l'édifice de 28 étages est mis en lumière la nuit à l'aide d'un système DEL, «de quoi d'assez exceptionnel», assure M. Sylvain lors d'un entretien avec Le Soleil. Les lumières pourront suivre la musique lors des spectacles sur les plaines d'Abraham. Ce système a coûté plus de 500 000 $.
En tout, 6 millions $ ont été investis au Concorde pour remettre au goût du jour et rénover les stationnements, le hall d'entrée, les restaurants, les passages, etc. Loews, l'ancien propriétaire, avait récemment rénové 80 % des chambres. Les dernières le seront à leur tour d'ici le printemps. M. Sylvain prévoit investir un autre 6 millions $ ces prochaines années pour d'autres travaux moins urgents comme le remplacement de fenêtres.
À sa première rencontre avec les journalistes, Jean-Guy Sylvain rêvait de faire du Concorde un hôtel cinq étoiles, une vision qu'il semble avoir mise de côté au profit de l'accessibilité. Même si certaines suites se vendent 1000 $ la nuitée, une vingtaine de chambres seront toujours offertes à 95 $, insiste M. Sylvain. «On n'a pas besoin de cinq étoiles pour réussir un hôtel», insiste-t-il.
Il considère que les affaires vont bien depuis la réouverture, fin mai, même si le taux d'occupation de l'hôtel se situe à «10 ou 15 %» sous la moyenne. La raison est simple, dit-il : puisque l'hôtel était fermé, le carnet de réservation des congrès et des voyages organisés était complètement vide. Celui-ci se remplit bien présentement, assure-t-il.
Évoquant l'implication de la mafia, le conseil municipal de Québec a fait avorter la vente du Concorde d'Eddy Savoie à un groupe d'acheteurs - qui voulait en faire également des condos -, en imposant à l'immeuble une vocation uniquement hôtelière. Ce premier groupe d'investisseurs, représenté par Me Stéphane Harvey, menace de poursuivre la Ville de Québec pour 12 millions $ en raison de cette «perte d'occasion d'affaires». Me Harvey a indiqué mercredi au Soleil que ses clients feront connaître leurs intentions aujourd'hui.
En dépit de la translation finalement conclue avec M. Sylvain, le conseil municipal a prolongé son règlement, ce qui ne fait pas l'affaire du nouveau propriétaire. M. Sylvain, qui a mis la Ville en demeure de retirer son règlement, s'est dit confiant, mercredi, d'en arriver à une entente.
Selon les termes du bail emphytéotique qui lie le Concorde à l'homme d'affaires Marcel Adams, l'immeuble deviendra la propriété de la succession de ce dernier en 2069. «Dans 55 ans, ça ne me fera plus mal», a rigolé Jean-Guy Sylvain, qui croit fermement à la relance de l'hôtel.