Quelque 400 personnes ont bravé la tempête mardi soir pour assister à la commémoration de la tuerie à la Grande Mosquée.

Commémoration de la tuerie de la Grande Mosquée: la «cicatrice» reste vive

Environ 400 personnes ont bravé la tempête, mardi soir, pour se rendre à l’Université Laval pour la commémoration de la tuerie à la Grande Mosquée de Québec, qui a eu lieu le 29 janvier 2017.

Deux ans après la tragédie, où six personnes ont perdu la vie, la douleur est toujours vive pour les familles et la communauté musulmane. «Cette année fut une deuxième année de deuil assez difficile, mais c’était nécessaire», a souligné Megda Belkacemi, la fille de Khaled Belkacemi.

Son frère Amir Belkacemi a remercié les premiers répondants et les personnes qui ont aidé les familles après. «Merci pour votre travail, difficile par moment, mais tellement essentiel, a-t-il dit. Merci aussi à tous ceux qui contribuent à faire avancer tous les jours dans le domaine public ou privé un discours d’acceptation, de paix et de vivre ensemble.»

De nombreux dignitaires ont rappelé qu’il était important de vivre ensemble pour construire le Québec de demain. «C’est bon signe, de voir les gens ici. On n’est pas des étrangers, considérez-nous comme des citoyens», a affirmé le président du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah. «Je me rappelle de tous ces visages il y a deux ans, 15 000 personnes venues réconforter les familles et cela continue depuis deux ans», a-t-il poursuivi.

Il a remercié le maire de Québec, Régis Labeaume, pour son soutien ainsi que le premier ministre du Québec, François Legault, dont il a vanté le «décollage» du gouvernement, tout en insistant sur ce qu’il reste à faire pour une société inclusive et sans haine. «J’ose espérer que ce décollage va être pour toute la société et je suis confiant.»

Des bannières à l’effigie de chacune des victimes ont été dévoilées et chaque famille a révélé un mot qui les caractérisait.

Douleur toujours vive

«Notre devoir, c’est de léguer à nos enfants une société de paix, de fraternité. C’est la meilleure façon d’honorer la mémoire des victimes», a répondu M. Legault.

Le maire de Québec a pour sa part insisté sur le fait que Québec n’oubliera jamais cette nuit d’horreur, la «cicatrice» reste vive, mais les gens se sont relevés pour une société meilleure. «Pour moi, au fil du temps, des barrières sont tombées. Des personnes de tous les âges, toutes les cultures, de toutes les confessions, se sont rapprochées.»

Pour Jimmy Dallaire, il était important d’être là ce soir pour «montrer aux familles et à la communauté qu’il y a des gens qui sont avec eux». 

Un avis partagé par Jean-Paul Lussiaà-Berdou. 

«C’est un geste de solidarité avec les gens de la communauté musulmane et tous les problèmes de diversité et de lutte contre le racisme. C’est essentiellement sur cet aspect de lutte contre le racisme que je suis là», a-t-il confié. En 2017, il avait été marqué par l’événement. «On se sent un peu désespéré et le lendemain je suis allé à la première manifestation en solidarité. Je ne connaissais pas ces gens-là à part l’épicier», a-t-il poursuivi. 

Des bannières à l’effigie de chacune des victimes ont été dévoilées et chaque famille a révélé un mot qui les caractérisait. Courageux pour Azzedine Soufiane, souriant pour Mamadou Tanou Barry, dévoué pour Khaled Belkacemi, convaincu pour Abdelkrim Hassane, intelligent pour Ibrahima Barry et généreux pour Aboubaker Thabti.

Plusieurs personnes ont salué le registre des armes à feu, désormais en vigueur au Québec.

La cérémonie s’est terminée par la présentation de la chanson Quand les hommes vivront d’amour par la chorale La Scène et Moi. Plus tôt dans la journée, la Ville de Québec a dévoilé la maquette de l’œuvre d’art en mémoire des victimes du tragique événement.

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CE QU'ILS ONT DIT

«Bienvenue à mes frères et à mes sœurs du monde entier. Nous sommes ensemble contre toute forme de racisme, contre toute forme de discrimination.»

— Diane Andicha Picard, membre de la nation huronne-wendat

«On ne doit jamais oublier le 29 janvier 2017 parce que c’est un important rappel des dangers qui nous guettent quand l’ignorance, la peur et la haine s’emparent de l’âme d’un homme.»

— Joël Lightbound, député fédéral de Louis-Hébert