Selon Marc-Antoine Vohl-Julien, directeur de la Librairie Pantoute de la rue Saint-Joseph, la journée Le 12 août, j'achète un livre québécois est de plus en plus courue chaque année depuis son lancement, il y a quatre ans.

«Comme une journée du temps des Fêtes» pour les libraires

Si les ventes de livres neufs baissent au Québec, la journée Le 12 août, j'achète un livre québécois, «ne fait pas de tort» aux libraires et permet surtout de faire valoir la littérature québécoise auprès des lecteurs.
Véritable succès pour les marchands de livres du Québec depuis son lancement il y a quatre ans, l'événement Le 12 août, j'achète un livre québécois permet aux libraires d'enregistrer des ventes qui, autrement, ne se concrétiseraient peut-être pas. 
C'est le cas à la Librairie Pantoute de la rue Saint-Joseph, à Québec, où des dizaines de personnes sont venues feuilleter et acheter un bouquin d'un auteur de chez nous lorsque Le Soleil s'est présenté, samedi. Parmi elles, une mère et une fille originaires de Montréal, toutes deux des lectrices assumées. Même si elles achètent plus d'un livre par année, le 12 août, elles s'assurent de se procurer un livre d'un auteur de la province. «J'en ai entendu parler à la radio, je crois, et je me suis dit que je pourrais l'acheter», a témoigné la fille en montrant sa copie du roman Sans terre, de Marie-Ève Sévigny. 
Le directeur de la succursale, Marc-Antoine Vohl-Julien, reconnaît que cette journée est de plus en plus courue au fil des ans. Elle permet aussi de mettre en valeur les auteurs et les éditeurs québécois. 
«C'est vrai qu'il faut encourager la littérature québécoise. Les gens semblent plus conscients qu'il faut supporter les auteurs ainsi que les éditeurs», a-t-il souligné. «Dans les dernières années, on constate qu'il y a eu un nouvel élan pour la littérature québécoise», a-t-il ajouté, mentionnant l'engouement pour la littérature jeunesse, les bandes dessinées et la poésie. 
Le rôle des éditeurs
Selon lui, les éditeurs dépensent beaucoup d'énergie à dénicher de bons auteurs. Ils consacrent aussi des efforts à retravailler les textes avec les auteurs de manière à produire un livre de meilleure qualité. 
«Il y a beaucoup plus d'éditeurs québécois qui ont un rôle dans le succès de notre littérature. Pendant longtemps, la littérature québécoise était associée aux gros canons», mais désormais, les maisons d'édition diversifient les styles des auteurs afin de «répondre à un besoin» des lecteurs, pense M. Vohl-Julien. 
Ventes en diminution
À un moment où les ventes de livres neufs décroissent depuis plusieurs années, la journée du 12 août est littéralement «comme une journée du temps des Fêtes», a soutenu le directeur de la Librairie Pantoute, rue Saint-Joseph. 
«De notre côté, les ventes vont très bien et on a notre clientèle. Mais honnêtement, une journée comme celle-là ne fait pas de tort», a-t-il expliqué. C'est qu'au Québec, les ventes au détail de livres neufs ont légèrement diminué entre 2015 et 2016, passant de 608,2 millions $ à 602,8 millions $ (- 0,9 %), selon des données fournies par l'Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ). Bien que faible, cette baisse s'inscrit dans une tendance dégressive, fait voir l'OCCQ, alors que les ventes annuelles ont chuté de 11 % entre 2012 et 2016. 
Ce sont les grandes surfaces qui voient leurs ventes diminuer le plus. Celles-ci ont baissé de 9,8 % entre 2015 et 2016, tandis que les librairies de la province ont enregistré des ventes plutôt stables pendant la même période. 
L'événement Le 12 août, j'achète un livre québécois, est l'initiative spontanée de deux auteurs, Patrice Cazeault et Amélie Dubé, qui souhaitaient faire rayonner la culture québécoise et dynamiser l'industrie du livre. 
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Le livre numérique perd aussi en popularité
Les ventes de livres numériques baissent elles aussi au Québec. 
Selon les données fournies par l'Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ), pour les trois premiers mois de 2017, elles ont diminué de près de 21 % par rapport à la même période l'année précédente. 
Entre janvier et mars 2017, 115 633 livres numériques ont été vendus, d'une valeur totale de 1696 402 $. Pendant les trois premiers mois de 2016, les ventes totalisaient 2 145 662 $. 
Ces chiffres ne concernent cependant que les livres numériques qui transitent par des établissements québécois - ce qui exclut alors les ventes complétées sur des sites tels Amazon.