«Les vrais chiffres connus, c'est 518 millions $. Ça fait que, son 850 millions $,  il a dû se lever un matin et penser à ça», a lancé le président du syndicat des cols blancs de Québec, Jean Gagnon.

Cols blancs : négos suspendues en attendant le sort de la loi

Les négociations entre les employés cols blancs et la Ville de Québec sont suspendues jusqu'à ce que la loi sur les régimes de retraite progresse à l'Assemblée nationale.
Une rencontre de conciliation qui devait avoir lieu mardi matin est annulée, a appris Le Soleil.
Après en avoir fait la demande par lettre à la conciliatrice Mélanie Hillinger, les cols blancs ont eu la confirmation, lundi après-midi, que les rencontres seront suspendues en attendant de voir ce que contiendrait le projet de loi que déposera sous peu la ministre du Travail Agnès Maltais. La suspension des discussions pourrait aussi perdurer jusqu'à l'adoption de la loi.
La conciliatrice met en effet les rencontres sur la glace jusqu'à ce qu'il y ait une «évolution significative» au plan législatif concernant les régimes de retraite, selon ce qu'il a été possible d'apprendre.
Le président du Syndicat des employés municipaux, Jean Gagnon, a confirmé la nouvelle au Soleil lundi après-midi.
Aux yeux du syndicat, les régimes de retraite, le partage des déficits passés et tout ce qui entoure cet épineux dossier sont de trop gros morceaux de la convention collective pour être abordés dans une démarche parallèle au projet de loi.
Les cols blancs estiment aussi que trop de points importants de la future loi sont encore inconnus. Dans une lettre datée du 4 février, la Fédération indépendante des syndicats autonomes (FISA), à laquelle est rattaché le syndicat des cols blancs de Québec, cite notamment les sujets qui pourront faire partie des négociations et les pouvoirs que la ministre Maltais compte éventuellement donner à la Commission des relations du travail (CRT) si les négociations achoppent après un an.
«Il devient difficile pour notre comité de négocier sur ces questions tant que la loi sur les régimes de retraite ne sera pas adoptée», peut-on lire dans la lettre dont Le Soleil a obtenu copie.
Dans une missive datée du 6 février écrite en réplique à cette demande des cols blancs, la Ville de Québec rejette cette interprétation et parle de «mauvaise foi».
«Nous n'adhérons pas à l'argumentaire syndical pour suspendre la négociation, peut-on lire. Nous percevons davantage cette demande comme un prétexte pour rompre le processus de conciliation. Nous osons dire que c'est à la limite de la mauvaise foi.»
La lettre se termine en assurant la présence des négociateurs à la rencontre prévue demain, le 11 février. Elle n'aura finalement pas lieu.
La ministre du Travail Agnès Maltais a promis de déposer ce mois-ci son projet de loi après la conclusion jugée satisfaisante d'un forum qui a réuni élus provinciaux et municipaux et syndicats le 21 janvier.
Joint en fin de journée lundi, l'attaché de presse de Régis Labeaume, Paul-Christian Nolin, a indiqué que le maire aura l'occasion de réagir mardi.