Le 99e jour du Souvenir a rassemblé quelque 250 militaires ainsi qu’au moins le double de citoyens samedi devant la croix du Sacrifice, à l’entrée des plaines d’Abraham.

Citoyens et vétérans réunis pour se souvenir

Le 99e jour du Souvenir a rassemblé quelque 250 militaires et ex-militaires ainsi qu’au moins le double de citoyens samedi devant la croix du Sacrifice, à l’entrée des plaines d’Abraham. Tous étaient présents pour rendre hommage aux Canadiens en uniforme qui ont fait l’ultime sacrifice afin de préserver les droits et libertés des leurs.

Le premier ministre Philippe Couillard, dont le fils est membre des Forces armées canadiennes, s’est dit touché de se remémorer «tous ces événements qui ont fait en sorte qu’on a le pays qu’on a». «Je suis très content d’avoir vu beaucoup de citoyens ici. C’est une très, très bonne nouvelle», a-t-il ajouté tout juste après la cérémonie.

Des anciens combattants ainsi que des membres des Voltigeurs de Québec, de la Gendarmerie royale du Canada, du 35e Groupe-brigade du Canada et du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada étaient réunis dès 9h30 pour la traditionnelle cérémonie protocolaire devant la croix du Sacrifice, un monument érigé en 1924 pour honorer la mémoire des soldats morts durant la Première Guerre mondiale (1914-1918). 

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DEUX CÉRÉMONIES À MONTRÉAL

À Montréal, deux cérémonies ont eu lieu pour se souvenir de l'horreur des conflits qui ont coûté la vie à des milliers de Canadiens et de Québécois. L'une, plus canadienne s'est déroulée devant cénotaphe de la Place du Canada, où se sont réunis quelques centaines de personnes qui ont bravé le froid glacial dans la métropole.

Symbole d'unité pour l'occasion: la mairesse désignée de Montréal, Valérie Plante, et le maire sortant, Denis Coderre, ont marché côte à côte pour aller déposer une couronne de fleurs.

Mme Plante a rappelé qu'elle a déjà été guide à Vimy, en France, par le passé, ce qui lui a permis de rencontrer plusieurs familles d'anciens combattants qui étaient émus de voir le décor de cette bataille sanglante.

«C'est très important pour moi d'être ici aujourd'hui et je suis très fière comme première mairesse de Montréal que ce soit l'une de mes premières présences publiques», a-t-elle confié.

Comme elle le fait chaque année depuis 20 ans, la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) organisait sa propre cérémonie pour rendre hommage aux soldats québécois.

La vice-première ministre, Dominique Anglade, ainsi que le chef de l'opposition, Jean-François Lisée, étaient notamment présents, tout comme des députés du Bloc québécois et de la Coalition avenir Québec.

L'événement, qui se tenait au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, a aussi été l'occasion de remettre des médailles de l'Assemblée nationale à d'anciens combattants.

Une dizaine d'anciens combattants ont reçu une médaille des mains de Mme Anglade, de M. Lisée ou de Benoit Charette, député de la CAQ.

Ces vétérans ont été déployés pendant la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi en Corée et en Afghanistan.

Parmi eux, il y avait le grand-père de Vicky Cartwright, Fredrick, qui est décédé cet été. Sa famille était arrivée de Drummondville samedi matin pour rendre hommage à cet ancien combattant de la Deuxième Guerre mondiale.

Vicky Cartwright estime que les vétérans manquent de soutien de la part des gouvernements, surtout pour gérer les chocs post-traumatiques.

«En vieillissant, bien souvent, ils reviennent beaucoup en arrière; de l'aide là-dessus, il y avait un manque», a-t-elle soutenu.

La prudence de mise, selon Landry

L'ancien premier ministre Bernard Landry, qui avait soutenu l'initiative de la SSJB lorsqu'elle a choisi d'organiser sa propre cérémonie en 1997, a livré un discours dans lequel il a souligné les progrès accomplis depuis la Deuxième Guerre mondiale.

«Une des raisons pour lesquelles nous n'avons plus connu de telles horreurs, c'est largement à cause d'une aventure des plus extraordinaires: l'Union européenne. Les Européens, après ces deux épisodes d'une cruauté et d'une barbarie invraisemblables, ont fait cette union d'abord pour faire la paix. Et ils ont réussi», a-t-il déclaré.

«Nous n'avons plus de guerre mondiale, mais méfions-nous, ça peut dériver. Quand la première puissance du monde, les États-Unis, est dirigée par celui que l'on sait, soyons prudents», a-t-il déclaré.

Symbole d'unité pour l'occasion: la mairesse désignée de Montréal, Valérie Plante, et le maire sortant, Denis Coderre, ont marché côte à côte pour aller déposer une couronne de fleurs.

À Ottawa... et même au Vietnam

À Ottawa, des centaines de personnes se sont réunies en matinée, sous un ciel sans nuage et par un froid glacial, devant le Monument commémoratif de guerre afin de souligner le jour du Souvenir.

La gouverneure générale Julie Payette, qui célébrait son premier jour du Souvenir depuis sa nomination comme commandante en chef des Forces armées canadiennes, a déposé la première couronne de fleurs de la cérémonie.

Cette année, le premier ministre Justin Trudeau n'a pas assisté à la cérémonie nationale. Il a plutôt pris part à une autre cérémonie organisée au Vietnam, où il s'était rendu pour participer au sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC).

En présence d'une centaine de personnes rassemblées dans une salle de conférence d'un hôtel de Da Nang, il a souligné le jour du Souvenir en récitant le poème pacifiste Le dormeur du val d'Arthur Rimbaud et en chantant l'hymne national avec des militaires canadiens.

Il était accompagné de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui a lu In Flanders Fields (Au champ d'honneur), un poème écrit par le lieutenant-colonel canadien John McCrae alors qu'il se trouvait en Belgique, en mai 1915.

Plus tard samedi, Mme Payette présidait un dîner en l'honneur de la Mère de la Croix d'argent de cette année, Diana Abel, qui a perdu son fils, le caporal Michael David Abel, le 3 mai 1993 lors de l'opération Délivrance, à Belet Huen, en Somalie.

Passchendaele

Les cérémonies de cette année accordent une attention particulière à des batailles importantes des Première et Deuxième Guerres mondiales, dont la bataille de Passchendaele, qui s'est terminée il y a exactement 100 ans, le 10 novembre 1917.

Plus de 4000 Canadiens ont été tués dans les combats et 12 000 ont été blessés. M. Trudeau a décrit cette bataille comme l'un des symboles des pires horreurs de la Première Guerre mondiale.

«Nos soldats ont combattu dans des conditions impossibles en faisant preuve de persévérance, de courage et d'un grand dévouement envers leur cause», a-t-il déclaré dans un communiqué diffusé vendredi.

«Neuf Canadiens se sont vus décerner la Croix de Victoria pour leur courage. Cependant, la bataille a coûté très cher aux Canadiens. Seize mille soldats ont été tués ou blessés, et des milliers de familles se sont vues transformées à jamais.»

Cette année a également marqué le 75e anniversaire du raid sur Dieppe, ainsi que le 100e anniversaire de la bataille de la crête de Vimy, qui a fait près de 3600 victimes chez les soldats canadiens, en plus des quelque 7000 blessés.

Plusieurs canons Howitzer ont résonné dans la capitale canadienne, samedi, et des avions de chasse de l'Aviation royale canadienne ont survolé le Monument commémoratif de guerre du Canada.  La Presse canadienne

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