En mai, Le Soleil révélait que le terrain de 15 000 mètres carrés à l’angle nord-ouest du boulevard Pierre-Bertrand et de la rue des Rocailles était trop petit pour les besoins du service de police municipal.

Charlesbourg préféré à Lebourneuf pour la centrale de police

EXCLUSIF / Tout indique que l’administration Labeaume abandonne l’idée de construire la future centrale de police sur le boulevard Pierre-Bertrand dans Lebourgneuf. Le projet, qui a fait l’objet de sévères critiques à cause d’une mauvaise évaluation des coûts et du choix du terrain jugé trop petit, devrait finalement voir le jour à Charlesbourg.

Le Soleil a appris de diverses sources que le nouveau quartier général serait construit plus à l’est et plus haut vers Charlesbourg. Il a été impossible de situer plus précisément l’endroit qui est dans la mire de la Ville. De l’avis des personnes consultées, l’emplacement serait tout aussi approprié et près des autoroutes.

Avec ces nouveaux développements, il serait étonnant que la centrale soit construite sur le site initialement prévu, adjacent au quartier général de la Sûreté du Québec, explique-t-on au Soleil

Selon ce qu’il a été aussi possible d’apprendre, la Ville souhaite encore attacher quelques ficelles avant d’officialiser l’annonce.

S’il y a un dossier que le maire traîne comme un boulet cette année, c’est bien celui de la centrale de police.

En mai, Le Soleil révélait que le terrain de 15 000 mètres carrés acquis en avril 2016 pour 2,6 millions $ à l’angle nord-ouest du boulevard Pierre-Bertrand et de la rue des Rocailles était trop petit pour les besoins du service. Le stationnement de surface prévu ne peut accueillir que la moitié des 700 autopatrouilles, véhicules banalisés, ceux des employés et des visiteurs, attendus lors des périodes de pointe comme les changements de quart de travail. La solution de remplacement aurait été de garer certains véhicules au centre administratif du Réseau de transport de la Capitale (RTC), rue des Rocailles.

Cet autre caillou dans le soulier s’ajoutait au fait que la facture de construction passait dans le budget 2017 de 40 à 72 millions $ depuis l’annonce du projet en mai 2016. Le manque de communication entre le Service de police et celui de la gestion des immeubles explique la hausse vertigineuse. À lui seul, l’ajout d’équipements liés à la sécurité a fait grimper le prix de construction au mètre carré.

«Mon collègue l’a échappé.» Comme si ce n’était pas suffisant, cette critique du maire faite en mai envers son ex-bras droit, Jonatan Julien, alors responsable du projet, a mené à la démission de ce dernier le lendemain même. M. Julien avait quitté Équipe Labeaume pour siéger comme conseiller indépendant parce qu’il sentait que le lien de confiance avec le maire était brisé.

On connaît la suite. On doit maintenant parler de Jonatan Julien, député de Charlesbourg. Il a été nommé ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement Legault.

Plénier reporté

Devant ces ratés, le maire annonçait, toujours en mai, reprendre le projet en main. «Le dossier de la centrale est sur mon bureau. J’ai demandé à tout le monde de regarder des hypothèses ailleurs aussi», avait-il évoqué.

Au même moment, l’opposition officielle à l’hôtel de ville demandait un plénier pour faire le point. Une des rares demandes à laquelle l’administration Labeaume a donné son accord.

Ce plénier devait avoir lieu avant les fêtes. Cependant, sa tenue est de plus en plus compromise. En effet, le maire est en mission de recrutement jusqu’au 2 décembre. À son retour, le conseil municipal travaillera au budget. Selon les informations obtenues, il serait possible que le plénier soit reporté au début de la prochaine année.

Cette révision du projet pourrait entraîner un retard avant l’inauguration d’un nouveau bâtiment initialement prévu pour 2021. Cependant, cette échéance tiendrait toujours pour la transformation d’un poste de quartier dans l’édifice F.-X.-Drolet, à l’intersection de la rue du Pont et du Prince-Édouard, qui sert actuellement à la division de la gestion des immeubles. On y trouverait aussi une unité carcérale et la cour municipale.

Le Soleil a voulu s’entretenir avec le responsable de la gestion des immeubles, le conseiller Jérémie Ernould, ou celui responsable de la police, Patrick Voyer, mais aucun n’a voulu émettre de commentaires.