La présidente du mouvement citoyen ReGénérations Bon-Pasteur, Marie Leclerc, émet notamment l’idée d’un centre d’interprétation de l’histoire des femmes au Québec dans la chapelle à l’abandon, ce qui serait en lien avec la vocation des sœurs qui ont occupé les lieux.

Chapelle des soeurs-du-bon-pasteur: un potentiel «sous-exploité»

Le mouvement citoyen ReGénérations Bon-Pasteur lance un appel aux gouvernements et aux forces vives communautaires à se réunir afin de trouver une fois pour toutes une vocation qui assurera la survie de la patrimoniale chapelle des Sœurs-du-Bon-Pasteur de la colline Parlementaire.

«Il y a un potentiel-là qui est sous-exploité, qui est à mettre en lumière, à mettre en valeur», évalue Marie Leclerc, présidente du mouvement regroupant des amateurs de patrimoine et des résidents des sept coopératives occupant l’ancien couvent des religieuses, voisin du complexe G. «Il y a moyen de redévelopper un endroit comme celui-là. Mais ça demande quelques experts autour de la table qui vont se fouiller les méninges pour trouver une vocation qui sied bien à cet endroit.»

Mme Leclerc réagissait ainsi à la manchette de vendredi matin du Soleil qui soulignait que les portes de la chapelle historique de la rue de la Chevrotière sont closes depuis une douzaine d’années.

Et que le gouvernement ne sait toujours pas quoi faire du joyau patrimonial. «Ce n’est pas simple de trouver une vocation qui colle avec la réalité du bâtiment», disait Martin Roy, porte-parole de la Société québécoise des infrastructures (SQI).

Il est grand temps que les décideurs se secouent, pense Marie Leclerc. «Évidemment, ça prend une volonté gouvernementale.»

Sans quoi la chapelle érigée entre 1866 et 1868 restera à l’abandon. Cela, même si sa valeur est «inestimable» et qu’elle est «irremplaçable», dixit un document produit pour la SQI. L’État québécois l’a d’ailleurs inscrite au Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Et le fédéral l’a désignée Lieu historique national du Canada.

Mme Leclerc parle de «volonté» politique, mais il est bien évident qu’il faudra aussi de la volonté «économique». «Tôt ou tard, on passera au Conseil du trésor.»

Mais sa troupe est prête à mettre le temps pour bien définir un projet qui saura séduire les élus, poursuit-elle. «C’est un projet patient. C’est un projet qui n’est pas instantané. Ce n’est pas du facile-facile.»

«Ce qu’on souhaite surtout c’est une démarche bien concertée.» Elle voudrait que la Ville et les gouvernements supérieurs soient à la table avec des représentants des milieux culturels et communautaires.

Histoire des femmes

Afin de stimuler la discussion, Marie Leclerc émet des idées. Imaginez un centre d’interprétation de l’histoire des femmes au Québec dans la chapelle, propose-t-elle. Voilà qui serait en lien avec la vocation des sœurs qui ont occupé les lieux jusqu’à leur expropriation dans les années 70, soit prendre soin des filles-mères, des prostituées et autres exclues.

Elle ajoute que le bâtiment compte deux étages en sous-sol. Mme Leclerc y verrait bien des bureaux gouvernementaux. Ou un café-rencontre, des services de santé, des groupes communautaires, groupes culturels, etc.