Le projet de 5,2 millions $ pour l'intersection de la Canardière-3e Avenue comprend entre autres des trottoirs plus larges, une nouvelle piste cyclable et une place publique permanente. 

Chantier sur de la Canardière: éviter un autre «Kaboul»

Avant qu'il ne devienne «convivial», le chemin de la Canardière devra subir d'importants travaux cet été qui affecteront passablement la vie des citoyens de Limoilou et celle de ses commerçants qui ont tout mis en oeuvre afin de ne pas revivre «le Kaboul» de 2010 sur la 3e Avenue.
Le projet de la Ville de Québec de modifier de la Canardière afin que le chemin se refasse une beauté a été annoncé en novembre alors que le début des travaux est prévu en juillet. Les craintes des commerçants qui seront touchés n'ont pas tardé à se manifester.
La réfection des infrastructures souterraines se dérouleront entre la 3e Avenue et la 9e Rue, tandis que des travaux de pavage seront réalisés entre la 9e Rue et la 8e Avenue. C'est donc le coeur du secteur commercial du Vieux-Limoilou qui sera touché pendant la saison estivale où plusieurs réalisent une importante partie de leurs profits.
Ceux qui brassent des affaires dans le coin craignent des baisses d'achalandage et de revenus comme il y a sept ans sur la 3e Avenue alors que les commerçants entre la 9e et la 17e en avaient pris pour leur rhume. «C'était Kaboul», résume le président de la Société de développement commercial (SDC) de la 3e Avenue, Nicolas Marcoux.
Mesures d'atténuation 
Avec le directeur général de son organisation, il a recueilli dès l'annonce de la municipalité les commentaires de ses membres afin de faire les représentations appropriées auprès des fonctionnaires pour la planification des mesures d'atténuation. Mis au parfum de cette initiative, les propriétaires d'entreprises situées sur le chemin de la Canardière ont contacté la SDC de la 3e Avenue pour joindre le regroupement et travailler avec lui.
Les meilleures pratiques ont été analysées non seulement à Québec, mais ailleurs dans la province comme à Montréal où la rue Saint-Denis a vu plusieurs de ses commerçants en arracher lors d'une opération semblable. Bilan des courses : la SDC est arrivée avec un plan détaillé et des mesures concrètes à prendre afin de réduire au minimum les inconvénients de la présence de travailleurs de la construction dans Limoilou. Une de ces suggestions est l'attribution d'une personne «ressource» de la Ville de Québec chargée en tout temps de répondre aux questions des commerçants sur le déroulement des travaux.
La clé: la communication
«L'essentiel, c'est de maintenir les habitudes de consommation. Mais ce n'est pas le moment des grandes campagnes!» fait valoir le président Nicolas Marcoux qui ne croit pas aux artères qui lancent des campagnes de séduction afin d'attirer les clients comme si des travaux n'avaient pas lieu. À cet égard, il fait valoir qu'encore une fois, la communication est la clé. En plus d'avoir un affichage adéquat pour informer la clientèle, dit M. Marcoux, il faut un plan de circulation, des stationnements alternatifs et s'assurer que le nettoyage est adéquat après le passage des travailleurs, énumère-t-il. 
La Ville devrait faire connaître les mesures d'atténuation choisies et les montants attribués à celles-ci sous peu. M. Marcoux se dit «moyennement confiant», par rapport à celles-ci, espérant que les doléances des siens ont été bien entendues pendant cette période plus difficile. Mais il se dit conscient que celle-ci représente un mal nécessaire avant que le chemin de la Canardière et son intersection avec la 3e Avenue devienne, comme promis, plus belle, plus verte et plus accessible à vélo avec ses trottoirs plus larges, sa nouvelle piste cyclable, ses nouveaux arbres et mobiliers urbains ainsi que sa place publique qui deviendra permanente. L'investissement total est de 5,2 million.