Toutes les façades de pierres de la chapelle François-Ranvoyzé, bâtiment patrimonial érigé entre 1888 à 1890, doivent être retapées.

«Chantier majeur» à la chapelle du Séminaire

La chapelle François-Ranvoyzé, intégrée au Musée de l’Amérique francophone du Vieux-Québec, sera le théâtre d’un «chantier majeur» au printemps… pendant que les étudiants du Collège François-de-Laval et de l’École d’architecture de l’Université Laval termineront leur année scolaire.

«Ça va se passer entre le 18 mars et le 14 juin», annonce au Soleil la relationniste de presse Agnès Dufour. Toutes les façades de pierres du bâtiment patrimonial érigé entre 1888 à 1890 doivent être retapées.

«C’est un chantier qui va être majeur», poursuit-elle. D’abord parce que la chapelle a une taille appréciable et qu’elle fait partie de l’ensemble architectural du Séminaire de Québec. Aussi parce qu’elle est classée patrimoniale par Québec et qu’elle est plantée au cœur de l’arrondissement historique, ce qui multiplie les paliers d’approbation pour la moindre intervention.

Puis il y a les étudiants des deux établissements scolaires voisins qui vont devoir s’acclimater aux sons de la machinerie et de l’outillage des maçons. «On doit respecter ces institutions-là», fait valoir Agnès Dufour. «Il va y avoir du bruit qui va être fait plus au mois de mars.»

Les ouvriers recevront donc consigne de concentrer la démolition «au moment où les enfants ne sont pas nécessairement en examen et que les fenêtres ne sont pas ouvertes. Mais, dès que le beau temps va revenir, vu que ça empiète jusqu’au mois de juin, ils vont respecter la vie écolière.»

«Bijou du patrimoine»

Un premier lieu de culte a été bâti entre 1750 et 1752 sur ce site contigu de la basilique cathédrale de Québec, raconte le Répertoire du patrimoine culturel du Québec du ministère de la Culture. Mais il n’a pas survécu à la Conquête anglaise de 1759-1760.

La chapelle a cependant été réédifiée dès 1761. Puis encore une fois, à partir des mêmes murs, en 1796 après un incendie. Un autre feu forcera l’érection d’une nouvelle chapelle de 1888 à 1890.

À l’époque, l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy avait choisi des pierres spécifiques qu’il faudra utiliser pour l’imminent chantier : le calcaire Saint-Marc de la formation de Deschambault. «Il faut que la pierre soit originaire de Deschambault parce que nos archives historiques nous disent qu’au moment de la construction […] la pierre venait de Deschambault», note Mme Dufour. «Et on doit la faire à l’identique.»

Mariages et tutti quanti

Aujourd’hui, le bâtiment n’est plus sacré. Après plusieurs années d’inoccupation, il a été loué au Musée de l’Amérique francophone en 1995 pour devenir le pavillon François-Ranvoyzé.

«C’est un bijou du patrimoine religieux», avance Agnès Dufour. On y trouve notamment un orgue Casavant et un autre reproduisant «l’orgue Richard 1753», celui qui avait été importé de France, mais qui a été détruit durant la Conquête.

Outre les activités muséales, la chapelle est louée pour des concerts, des conférences, des soirées privées et des mariages… «Il y a quelques années, Pierre Karl Péladeau et Julie Snyder se sont mariés là!»

Au fait, le Musée sera ouvert durant les travaux.