Depuis la reconnaissance de la valeur patrimoniale du Cyclorama, en août 2017, les propriétaires ont réalisé des travaux de réfection d’urgence sur le bâtiment et attendent toujours un remboursement des sommes engendrées par ces dépenses, conformément à ce que prévoit la loi.

Cette fois, c'est la fin pour le Cyclorama

Vendu ou non, le Cyclorama de Jérusalem, à Sainte-Anne-de-Beaupré, fermera ses portes le 31 octobre 2018. Les membres de la famille Blouin, qui en sont propriétaires, décident de mettre la clé sous la porte et de prendre leur retraite, et ce malgré la valeur patrimoniale reconnue à la toile ainsi qu’à la rotonde.

Quel avenir pour le Cyclorama de Jérusalem? Depuis la reconnaissance de sa valeur patrimoniale par le gouvernement du Québec en août 2017, les propriétaires ont réalisé des travaux de réfection d’urgence sur le bâtiment et attendent toujours un remboursement des sommes engendrées par ces dépenses, conformément à ce que prévoit la loi.

Dans une lettre datée du 3 octobre 2017 dont Le Soleil a obtenu copie, l’avocat de la famille Blouin demande que le Conseil du patrimoine culturel du Québec intervienne rapidement auprès du ministre de la Culture (à ce moment, il s’agissait de Luc Fortin, l’actuel détenteur du portefeuille de la Famille), afin qu’il établisse un plan de conservation pour le bâtiment et le gigantesque panorama qu’il abrite. 

«Selon les représentants de notre cliente, Cyclorama de Jérusalem Inc. a de la difficulté à avoir un chiffre d’affaires lui permettant de payer les dépenses annuelles de ses opérations. En conséquence, pour ces motifs, les réparations évaluées à plusieurs cent mille dollars ne pourront être effectuées à temps pour éviter des dommages importants à l’immeuble et à la rotonde», écrit l’avocat dans sa missive. 

«Il appert de la Loi sur le patrimoine culturel que notre cliente ou ses représentants auront l’obligation de faire en sorte de conserver le bien classé bien patrimonial, puisqu’il appert que tout propriétaire d’un tel patrimoine classé doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la préservation de la valeur patrimoniale du bien», peut-on y lire. 

Depuis, les propriétaires ont effectué les travaux à leurs frais, mais le ministère de la Culture n’a toujours pas répondu à leurs demandes de remboursement. Le courtier immobilier responsable de la vente, Martin Dostie, a confirmé au Soleil que ses clients attendaient encore de savoir s’ils pourront bénéficier d’une aide financière. 

Dans une réponse reçue mercredi à une question du Soleil, le Ministère de la Culture rappelle avoir annoncé une aide totalisant 65 713 $ , soit 19 195 $ pour la réparation d’une poutre de la Rotonde, le 20 décembre 2017 et 46 518 $ pour la réfection partielle de la toiture et réparation d’un mur de la Rotonde, le 19 avril 2018.


«Dans le cadre de son soutien à des travaux de restauration, le Ministère doit attendre que les travaux aient été complétés et que les pièces justificatives, notamment les preuves de paiement, lui aient été remises avant de pouvoir verser l’aide financière», indique Josée Boutet de la direction des communications du Ministère. «Les propriétaires du Cyclorama ont transmis les documents nécessaires au versement des aides financières, le 17 juillet 2018. Les propriétaires recevront ainsi sous peu les sommes annoncées», poursuit-elle.

Les propriétaires, par l’entremise de leur avocat, ont réécrit en juin dernier au président du Conseil du patrimoine culturel pour lui rappeler leur intention de mettre un terme à leurs activités à compter du 31 décembre 2018, date à laquelle l’entreprise qui gère le Cyclorama fermera ses livres. 

«Les Blouin ne sont pas de mauvaise foi», a fait savoir M. Dostie. «Ça fait cinq ans qu’ils veulent passer à autre chose», a-t-il ajouté.

Le Soleil rapportait en février dernier que le gouvernement souhaitait encourager l’élaboration d’un plan de relève pour le Cyclorama, en plus de la réalisation d’un plan d’affaires précis et structuré. Le cabinet de la ministre Montpetit avait alors indiqué vouloir accompagner les propriétaires dans la recherche de solutions permettant d’assurer l’avenir des biens patrimoniaux.

«Même si le Cyclorama est classé, on revient au même problème: il n’y a pas de relève», avait signifié M. Dostie en août 2017, lorsque le gouvernement avait envoyé son avis d’intention de classement patrimonial. 

L’ancien responsable de la Culture, Luc Fortin, avait alors indiqué que le gouvernement n’avait pas l’intention d’acquérir le Cyclorama puisqu’il doit «toujours considérer la capacité financière des Québécois».