Régis Labeaume s'est désolé que la Ville de Québec apprenne «par la bande», c'est-à-dire dans les médias, que les premiers réfugiés arriveraient le 1er décembre et qu'ils logeraient à la base militaire de Valcartier.

«C'est moi le vieux frustré», dit Labeaume

Le maire de Québec s'est amendé avec humour, jeudi, de ses récentes déclarations sur les réfugiés syriens, qu'il préfèrerait accueillir orphelins plutôt que «des gars de 20 ans frustrés». «C'est moi le vieux frustré», a lancé Régis Labeaume. Puis il a rabroué les gouvernements pour le manque d'informations sur les procédures d'accueil et leur a demandé sur tous les tons «qui va payer».
<p>Le maire s'est présenté comme «le vieux frustré» de l'histoire, en référence à son choix de mots, mais aussi à la caricature d'André-Philippe Côté dans <em>Le Soleil</em> de jeudi matin.</p>
«Je pense que j'ai été bien utile pour l'actualité hier (mercredi). J'ai été bien utile pour des politiciens. J'ai été bien utile pour la presse», a analysé le maire Labeaume lors de sa première mêlée avec les journalistes depuis ses déclarations de mardi. Ce jour-là, il faisait part d'un souhait, exprimé au ministre fédéral de l'Immigration John McCallum, d'accueillir en priorité des orphelins dans la capitale.
Le lendemain, le premier ministre Philippe Couillard, les ministres Sam Hamad et Pierre Moreau, proches collaborateurs du maire de Québec, ont pris leurs distances.
«J'ai moi-même dit que c'était utopique», a rappelé M. Labeaume. «Je dis juste que si moi j'avais le choix, j'aurais aimé ça avoir un beau projet collectif de recevoir des orphelins. (...) Il y en a qui ont fait un drame pour rien. J'ai dit moi-même que ça ne se pouvait pas», a-t-il poursuivi.
Le maire s'est présenté comme «le vieux frustré» de l'histoire, en référence à son choix de mots, mais aussi à la caricature d'André-Philippe Côté dans Le Soleil de jeudi matin.
Puis il a déballé ses frustrations. «Nous autres, ça fait des semaines qu'on est prêt. On travaille avec des organisations communautaires merveilleuses, des gens dévoués. Ça fait des semaines qu'on pose des questions pis on n'a pas encore eu une réponse», a-t-il martelé.
«Au moment où on se parle, on n'a aucune, même pas le début du commencement d'une idée de qui va payer. Qui va payer? C'est tu la ville qui va rester avec la facture? Personne, personne, personne a répondu à nos questions. Je m'excuse, et je n'ai aucun problème avec ça, mais ça va coûter beaucoup d'argent», a développé le maire Labeaume.
Ce dernier s'est désolé que la Ville de Québec apprenne «par la bande», c'est-à-dire dans les médias, que les premiers réfugiés arriveraient vraisemblablement le 1er décembre et qu'ils logeraient à la base militaire de Valcartier. Ce n'était pas ça le plan, a insisté l'élu municipal, l'air ébahi.
Outre les délais trop serrés, Régis Labeaume a par ailleurs identifié «un autre problème dans ce projet-là» et c'est celui de l'acceptabilité sociale. «Les politiciens banalisent la peur des gens. Les politiciens banalisent l'inquiétude. Les gouvernements doivent instaurer un dialogue avec la population. Il faut qu'il y ait un minimum de préparatifs. On est en psychologie collective. Les gens ont peur, sont inquiets. Est-ce qu'en disant n'ayez pas peur, on arrête la peur? Moi je pense que non, c'est pas comme ça que ça marche», a-t-il expliqué.
«Ceci dit, si on a un contingent qui arrive le 1er décembre, on va tout faire. On va se mettre à l'oeuvre. Je présume qu'on va commencer à payer les factures parce qu'on n'a aucune idée qui va payer», a assuré le maire de Québec.
Quant à la rencontre avec le ministre McCallum, discutée en début de semaine, elle aura lieu à Ottawa à la fin de la semaine prochaine. À vue de nez, cela correspond au moment des annonces promises par les libéraux fédéraux. En attendant, les discussions se poursuivront à Québec avec des partenaires locaux.