Centre de prédédouanement: Blais pousse le fédéral

Le ministre québécois François Blais, responsable de la Capitale-Nationale, se range dans le camp de l'aéroport de Québec et met de la pression sur le gouvernement canadien afin qu'il participe financièrement aux opérations du futur centre de prédédouanement américain.
Interrogé sur le dossier, mardi, le ministre Blais n'a pas fait de cachette de son appui au projet et aux gestionnaires de l'aéroport. 
«Quand le fédéral a fait une entente avec le gouvernement américain, il savait très bien qu'il y avait cet élément-là qui n'était pas réglé. Il faut que ça se règle. Je ne peux pas comprendre que les citoyens de Québec auraient un statut différent des autres citoyens des aéroports du Canada, qu'ils devraient payer, eux, pour ce centre-là», a-t-il commenté. 
Le président et chef de la direction de l'aéroport international Jean-Lesage, Gaëtan Gagné, est engagé dans un bras de fer pour réduire la facture associée au centre de prédédouanement américain. Il accepte de payer pour les installations elles-mêmes, soit environ 30 millions $, mais il refuse d'assumer les coûts d'exploitation estimés entre 3 et 4 millions $ par année. 
Les aéroports canadiens déjà dotés d'un centre de prédédouanement ne paient pas pour les salaires et avantages des douaniers, mais la plus récente entente bilatérale refile ce fardeau aux intéressés. 
Québec connaissait les nouvelles règles et les a acceptées, affirme Ottawa. L'aéroport Billy-Bishop à Toronto, qui a aussi obtenu un centre de prédédouanement américain en mars 2016, ne réclame pas de financement gouvernemental. 
François Blais refuse d'envisager une contribution provinciale. «On n'est pas là du tout pour le moment», dit-il. Ce qui ne l'empêche pas de juger le projet indispensable pour la région de Québec. «J'ai commencé à voyager passablement dans les années 90 et quand j'arrivais à Québec, je me souviens que ça faisait un peu pic-pic. L'aéroport s'est bien développé, on est contents de ça, il doit continuer à se développer», a rappelé le ministre. Quant à la Ville de Québec, elle «ne s'en mêlera pas», a prévenu le maire Régis Labeaume mardi. Voir aussi notre vidéo sur lesoleil.com.
Le ministre François Blais et le maire de Québec Régis Labeaume.
Réchauffement Labeaume-Blais
Les négociations de la fin de semaine en lien avec l'annonce de l'élargissement de l'autoroute Laurentienne semblent avoir rapproché le maire de Québec et le ministre responsable de la Capitale-Nationale.
Au lendemain d'une conférence de presse où il affichait un air pour le moins distant, Régis Labeaume a encensé François Blais, qui a milité pour la création d'un bureau de projet et l'établissement d'un échéancier pour l'élargissement de l'autoroute jusqu'au centre-ville de Québec et non seulement dans sa partie nord.
«François Blais est un allié là-dedans. J'étais pas seul à penser ça. François a appuyé la Ville de Québec depuis le début. Sans être en porte-à-faux avec ses collègues, il a appuyé la Ville totalement là-dedans et je le remercie», a insisté l'élu municipal. 
Il y a quelques mois encore, M. Labeaume réclamait le retour au cabinet de Sam Hamad, alors que celui-ci ne se gênait pas pour faire ombrage à M. Blais. 
Loin de se gargariser de ces bons mots, le ministre de la Capitale-Nationale a minimisé son rôle dans le dossier de l'autoroute Laurentienne pour protéger son collègue Laurent Lessard. «Il [M. Labeaume] m'a remercié pour le travail qu'on a fait et dit merci aussi au ministre des Transports pour le travail qu'on a fait», a-t-il dit en fin d'après-midi. Ce qui n'était pas vraiment le cas, du moins en public.