Le maire Régis Labeaume et son vice-président du comité exécutif, Jonatan Julien

Centrale de police: Jonatan Julien «l'a échappé», selon Labeaume

Régis Labeaume pointe vers son vice-président du comité exécutif, Jonatan Julien — son bras droit —, pour expliquer la gestion déficiente du dossier de la nouvelle centrale de police de Québec, dont le terrain et les coûts ont été mal évalués. «Mon collègue l’a échappé.»

Rarement a-t-on vu le maire de Québec blâmer un élu de son équipe. Pourtant, mercredi, il a directement pointé du doigt le conseiller du district de Neufchâtel-Lebourgneuf, Jonatan Julien, un ancien de la Société immobilière du Québec (aujourd’hui Société québécoise des infrastructures). «Vous [demanderez] à mon collègue Jonatan Julien, il va vous en dire beaucoup plus. C’est lui qui avait la responsabilité. C’est son dossier», a déclaré M. Labeaume, pressé de questions sur la future centrale de police de la rue des Rocailles. 

Le Soleil révélait le 25 avril dernier que le terrain de la future centrale, à l’angle du boulevard Pierre-Bertrand, dans Lebourgneuf, ne pouvait accueillir plus de 325 cases de stationnement, alors qu’il en faudrait 700 pour répondre aux besoins des policiers. 

On apprenait en décembre 2017 que les coûts de la centrale avaient été mal évalués. Si bien que la facture du projet, d’abord estimée à 40 millions $, allait plutôt s’élever à 72 millions $. 

Le maire a affirmé mercredi que de «mauvaises décisions» avaient été prises et qu’il y avait eu un manque de planification. Il a pris de soin de préciser que ses critiques ne visaient pas directement les fonctionnaires, ni Chantale Giguère, directrice générale adjointe à la Ville.

«Moi j’ai demandé à ce que ce soit le moins cher possible», a dit M. Labeaume au sujet de son propre rôle dans ce dossier. «Mais je dois tout assumer parce que je suis le maire», a-t-il ensuite ironisé.

En entrevue au FM93 un peu plus tard en journée, le maire a nuancé ses propos, expliquant que son collègue avait «voulu bien faire». «C’est un gars qui a essayé de baisser le prix, ça n’a pas marché et on revient au prix qui était prévu.» Ce coût initial avait été évoqué en 2014 et était de 85 millions $, pour un projet de centrale où se trouve l’actuel poste du parc Victoria. «On n’a pas perdu d’argent.» 

Jonatan Julien n’a pas réagi mercredi.