La lutteuse Pink Flash Kira, au centre, prendra part à une Bataille royale samedi à la Place George-V.

Carnaval: Pink Flash Kira lutte pour la ceinture fléchée

Samedi dernier, Geneviève Bernier a reçu son baptême de lutte hivernale au Carnaval de Québec. «C’est moins dur de lutter au froid qu’au chaud», constate la lutteuse de Sherbrooke. «J’ai trouvé ça moins dur de lutter dehors ici, qu’à la plage. Je cherchais moins mon air», explique-t-elle.

Celle qui lutte habituellement en petite jupe et en bas collant a dû ajuster son costume pour l’occasion, une tâche qui est loin de lui déplaire. «J’ai arrêté de compter le nombre de costumes que je me suis créé juste par plaisir», avoue la lutteuse d’expérience.

Kira, son personnage qu’elle exploite depuis plus de 10 ans, a deux personnalités. «J’ai un côté gentil et un côté méchant», affirme Geneviève Bernier. Kira la gentille est présentée sous le surnom de Pink Flash Kira. «Je suis une superhéroïne qui vient de la face cachée de la lune. Je suis énergique, dynamique, fonceuse, toujours prête à donner mon 100 %», déclare-t-elle.

Puis, il y a le côté sombre de Kira. «Un peu plus… bitch», prévient Geneviève Bernier. «T’as juste le goût que je me taise. T’es tanné de m’entendre. T’es pu capable! Je suis irritante, agaçante», explique-t-elle.

À quelle Kira auront droit les «carnavaleux» ce samedi? «Je serai gentille pour le Carnaval», promet la lutteuse.

Une deuxième journée de lutte hivernale est prévue samedi sur la Place George-V. Dès 13h30, des lutteurs et des lutteuses de la ligue North Shore Pro Wrestling (NSPW) s’affronteront dans des combats hauts en couleur sur le ring extérieur du Camp à Jos. Entre autres, 10 à 15 athlètes lutteront pêle-mêle dans une Bataille royale afin de remporter la ceinture fléchée du Carnaval, qui remplace la ceinture de champion habituelle.

L’évènement se targue d’offrir le tout premier combat de lutte hivernale féminin au monde. Pourtant, c’est plutôt la mixité qui réjouit Geneviève Bernier. «Il a fallu se battre longtemps pour ça, déclare Kira. Tranquillement, c’est en train de changer et c’est ça qui est agréable de voir aujourd’hui», soutient-elle.

«Avant, les filles n’avaient pas le droit d’affronter des gars parce que c’était mal vu. Un homme qui frappe une femme… ça a été un gros, gros, gros débat», affirme-t-elle.

«Dans le circuit indépendant, ça se fait depuis plusieurs années», précise Steve Boutet, président de la NSPW. Depuis le début de son existence, la NSPW organise des combats de lutte mixte. «C’est sûr qu’on a eu des bâtons dans les roues, avoue-t-il. Il y a une résistance des anciens.»

La World Wrestling Entertainment (WWE), la plus grande entreprise de lutte au monde, diffuse une série spéciale de Mixed Matches Challenge où des équipes mixtes s’affrontent. Or, comme chaque équipe est mixte, chaque participant combat l’adversaire de son sexe. Les combats réguliers de la WWE ne sont pas mixtes.