Quoique «très satisfaits» de leur événement, la directrice exécutive, Mélanie Raymond, ainsi que le président du C.A., Alain April, ont insisté sur la nécessité d’augmenter le budget réservé à la programmation, dès l’an prochain.

Carnaval de Québec: le renouveau dès l'an prochain

C’est déjà terminé pour le 64e Carnaval de Québec. Quoique «très satisfaits» de leur événement, la directrice exécutive, Mélanie Raymond, ainsi que le président du C.A., Alain April, visent à augmenter le budget réservé à la programmation, dès l’an prochain.

En 2018, les fonds réservés à l’organisation d’activités sur le terrain étaient d’environ 2,7 millions $, sur un budget total de 9 millions $. L’an prochain, Alain April affirme qu’il aimerait voir la somme réservée à la programmation doubler, pour bonifier l’offre globale. 

«C’est sûr qu’on ne peut pas tout faire actuellement, tranche-t-il. Le jour où on va avoir 5 millions $ à mettre seulement sur la programmation, là on pourra aller chercher l’effet “wow” dont on parle tant.»

Il ajoute que, d’ici les prochains mois, l’objectif de son équipe «sera d’aller chercher le maximum d’argent de ses partenaires et de ses bailleurs de fonds», afin de renouveler l’image du Carnaval. 

Pour Mélanie Raymond, grande patronne du rendez-vous annuel des citoyens de Québec, un bon gestionnaire doit constamment savoir augmenter ses moyens financiers. «Il faut toujours chercher, mais les ressources dépendent du succès d’une édition. Quand ça fonctionne bien et qu’on a beaucoup de revenus autonomes comme cette année, ça nous permet d’investir et de bâtir davantage sur nos acquis.»

Repenser le produit

C’est dès l’an prochain que l’ex-directeur général du Festival d’été de Québec, le bien connu Daniel Gélinas, joindra l’équipe d’organisation du Carnaval, à titre de consultant. Un ajout «essentiel» au renouveau que prépare le comité exécutif pour l’an prochain, aux dires d’Alain April. 

«On sent que Daniel travaille actuellement à voir comment on va arriver à instaurer une seconde mouture au Carnaval. Il va y avoir beaucoup de nouveau, ça c’est sûr, explique-t-il. Son arrivée va nous permettre de faire un grand brainstorm, de réévaluer ce qui marche bien et ce qui fonctionne moins bien.»

Aller plus loin pour assurer la croissance du produit : telle est donc la mission de Mélanie Raymond pour la prochaine année, pour qui le Carnaval doit «toujours être en progression», afin d’attirer de plus grandes foules. 

«Il est tôt encore pour tirer des leçons, mais l’objectif, ce sera vraiment de se poser les bonnes questions, de travailler sur ce qui se fait bien en ouvrant toutes les portes, en écoutant le public», lance-t-elle, soulignant au passage que le prochain rapport, devant être livré au printemps, donnera une bonne idée des orientations en la matière.

Sous la thématique du «viking le plus fort au Canada», le Carnaval a présenté dimanche après-midi une compétition hivernale d’hommes forts. Cinq épreuves d’inspiration islandaise étaient au menu : le transport du cadre en bois, la prise d’Hercule, le chargement de pierres naturelles, le lever du tronc et le tir du traîneau.

Dynamiser l’image

Ils sont plusieurs «carnavaleux» à demander plus d’activités pour les jeunes, depuis quelques années, la programmation de l’événement demeurant d’abord et avant tout «très familiale» actuellement, reconnaît Alain April. 

«Avant, il y avait plus d’éléments pour les jeunes sur les Plaines. C’est une décision qu’on a prise que d’aller ailleurs, mais on essaie quand même toujours de répondre à toutes les classes d’âge, ajoute-t-il. Il faudra aller vers plus de diversité, pour interpeller le jeune d’aujourd’hui, la personne âgée, la famille.»

À ce sujet, la directrice générale estime qu’il faut trouver un équilibre intergénérationnel plus fort. «La direction jeunesse et dynamique, c’est sûr qu’on veut l’entreprendre, pour qu’il y en ait pour tous les goûts, mais on ne veut pas non plus chasser la famille, loin de là, car c’est le cœur de notre fête.»

Elle assure toutefois «vouloir ramener certains types de clientèles que le Carnaval a perdues dans les dernières années». Le camp à Jos, situé dans le parc de la Francophonie, est d’ailleurs l’un des sites les plus prometteurs chez les plus jeunes, selon elle. 

«On a mis beaucoup d’investissements supplémentaires ici, sur ce site, pour que ça porte à la fête, au dynamisme. On veut amener le produit beaucoup plus loin maintenant.»

Réappropriation

Avec le recul, le duo parle d’une grande fierté pour la 64e édition, qui sera tout de même parvenue à «embarquer la population» malgré des températures très froides, dans les derniers jours. 

«On voit que, tranquillement, les gens de Québec se réapproprient leur Carnaval, et ils répondent bien aux changements qu’on apporte, dit celui qui est également copropriétaire de l’hôtel Le Bonne Entente. Le but, c’est d’avoir un rendez-vous de plus en plus participatif. Il faut que même les touristes aient envie de se joindre à la fête.»

À la tête du comité exécutif depuis maintenant trois ans, Mélanie Raymond, elle, ne prend rien pour acquis. «On veut de la constance, on veut que les gens soient là tous les ans, et pour ça, il faut leur donner une raison.»

Un bon signe pour l’avenir, dit la dg, est la forte présence physique des partenaires aux activités, qui envoie un message fort pour l’avenir du Carnaval, selon elle, comme quoi les investissements ne sont pas près de cesser.