Carnaval de Québec : un second défilé plus au point [PHOTOS]

Après la déception du premier «défilé-spectacle» du Carnaval, une mise au point avait été faite pour le second qui avait lieu samedi soir. Rien de majeur; on n’a quand même pas ramené les duchesses, les knucks, les majorettes ou la fanfare du Patro Roc-Amadour; mais des ajustements qui ont redonné du rythme à l’oeuvre et débouché sur une «parade» plus à point à la hauteur des attentes des organisateurs.

Les cinq «tableaux» présentés lors du premier défilé sont tous revenus, mais certains ont été modifiés, notamment celui de la troupe Interférence d’où on avait retiré le poème un peu surréaliste récité par une voix d’outre-tombe, ajouté une musique plus rythmée et habillé le directeur de la troupe avec un veston à paillettes plutôt qu’un uniforme noir. Les gars et les filles de Flip-Fabrique, dont personne n’avait rien à redire lors du premier défilé, étaient de retour avec leurs pelles et leurs acrobaties, tout comme la D.J. et son char pyrotechnique dont les colonnes de flammes apportaient une chaleur bienvenue à la foule. 

Les «métalleux» de Dance Laury Dance étaient de retour eux aussi, même si certains trouvaient que la musique lourde s’alliait moins bien avec un carnaval dans le premier défilé. Il faut cependant admettre que Max Lemire et sa bande savent comment mettre le «party» et que leur char était probablement l’un des plus réussis avec ses sculpteurs sur glace à la tronçonneuse et au lance-flammes. 

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Ce sont les segments entre les tableaux qui sont venus donner une autre couleur à cette deuxième mouture. La musique était partout : par ici un air de la Bottine Souriante, par là le dynamique Fred Lebrasseur, qui martelait ses percussions sur une remorque, entouré de jongleurs vêtus de chemises de chasse. «On s’était donné comme mandat de travailler sur le timing, l’animation continue et la musique et là-dessus, on peut dire mission accomplie», a déclaré la directrice générale du Carnaval, Mélanie Raymond, qui avait concédé la semaine dernière que plusieurs ratés avaient diminué l’expérience pour les spectateurs. «Ça a été un gros travail collectif, tout le monde y a mis du sien et de voir la réaction des gens a été notre cadeau», a enchaîné Anne-Julie Vallée, directrice de la programmation et de l’innovation.

L’ex-directeur général du Festival d’été de Québec, Daniel Gélinas, qui agit comme consultant pour le Carnaval était au point de presse lui aussi cette semaine et il a aimé ce qu’il a vu. Tout d’abord, aucun retard et aucun temps mort entre les différents tableaux, dont l’ordre avait été modifié par souci de préserver le rythme. «La semaine dernière, un char avait accroché une branche et l’une des compagnies qui présentaient l’un des tableaux avait dû recommencer le sien du début», a signalé M. Gélinas pour expliquer l’origine des retards du premier défilé. «Vous savez, il n’y a pas de générale pour le défilé en entier!»

«C’est un effort colossal qui a été fait par tout le monde et je crois qu’on a vraiment trouvé toutes les failles, car j’ai fait le parcours au complet et j’ai vu des sourires, des gens satisfaits, des gens heureux», a repris Daniel Gélinas, avouant que tout le monde qui était associé de près ou de loin au défilé avait été un peu ébranlé suite aux problèmes de la semaine dernière. «Il manquait d’animation continue et on a réglé ça cette semaine. Je pense qu’on a fini en force.»

Pour Mélanie Raymond, les changements apportés lors du deuxième défilé l’incitent à miser encore sur cette formule dans le futur. «Les réactions ont été bonnes, alors c’est une direction qu’on va continuer à évoquer dans l’avenir.»