Le maire de Québec Régis Labeaume

Cannabis près des écoles: seul le gouvernement peut forcer un déménagement, dit Labeaume

La Ville ne pouvait empêcher la Société québécoise du cannabis [SQDC] d’ouvrir une succursale près de plusieurs institutions scolaires du secteur Sainte-Foy, soutient le maire de Québec Régis Labeaume. Seul le nouveau gouvernement caquiste pourrait forcer son déménagement.

L’élu laisse donc la patate chaude dans les mains du premier ministre désigné François Legault qui s’était engagé à interdire le commerce étatique de «pot» près des établissements d’enseignement. Un dossier qu’il devra attaquer rapidement s’il veut respecter sa promesse, les travaux d’aménagement du local étant avancés, tel que l’indiquait Le Soleil mercredi.

«Il y a des règlements qui existent, il y a du zonage qui existe», observe Régis Labeaume. «Ce magasin-là respecte le zonage, on est obligé de donner le permis.»

La succursale installée au 2491, chemin Sainte-Foy, près du Cégep de Sainte-Foy, du Collège St. Lawrence et de l’Université Laval, a toutefois soulevé des inquiétudes. Mais la Ville repousse les critiques dans la cour des élus caquistes : «La Société québécoise du cannabis a demandé un permis. Elle se qualifiait totalement dans le zonage existant. Tout ce qu’on a à faire c’est de donner le permis. Le reste, je ne peux rien y faire. Alors, c’est aux gouvernements de prendre leurs décisions.»

«La question de la vente du cannabis et de la culture du cannabis, honnêtement on ne veut pas s’en mêler», insiste-t-il.

Interdit contre-productif ?

M. Labeaume repousse aussi les blâmes d’acteurs du milieu communautaire et de la Santé publique qui jugent que la Ville va trop loin en proscrivant le cannabis sur tout son territoire. Les populations marginalisées risquent d’écoper de nombreuses amendes, d’être stigmatisées, selon les détracteurs de l’approche restrictive.

Le maire affirme que la Ville devait être prohibitive ; une question d’acceptabilité sociale, semble-t-il.

L’élu en profite pour décocher une nouvelle flèche en direction des paliers supérieurs. «Les gouvernements ont transféré des responsabilités, puis au bout de la chaîne c’est nous autres qui a un peu le mauvais rôle d’appliquer les règles», dit-il. «C’est vraiment typique […], les gouvernements décident puis ils nous laissent le mauvais rôle et il faut réglementer.»

Rappelons que la consommation de cannabis sera légale à compter du 17 octobre.