Après Montréal, c’est la Ville de Québec pourrait être dans la mire des organismes pour la défense des animaux qui souhaitent voir disparaître les calèches des rues de la Vieille Capitale.

Calèches: la pression se tourne vers Québec

Alors que la Ville de Montréal a annoncé qu’elle interdirait les calèches dès janvier 2020, les organismes de défense des animaux visent maintenant la Ville de Québec, où ils souhaitent également la disparition de ces véhicules hippomobiles.

«La Ville de Québec pourrait maintenant être dans la mire. C’est certain qu’on a l’intention de les contacter», a déclaré au Soleil Mme Ewa Demianowicz, responsable de campagne pour la section canadienne de l’organisme Humane Society International. «Après avoir convaincu Montréal, notre prochain objectif pourrait très bien être de convaincre Québec étant donné qu’il y a déjà un précédent dans la province.»

Humane Society International n’avait jamais vraiment fait campagne contre les calèches à Québec jusqu’à maintenant. «Montréal était vraiment notre objectif premier, car les conditions là-bas sont vraiment misérables: les écuries sont mal en point et il y a eu plusieurs accidents», poursuit Mme Demianowicz, qui estime que l’industrie des calèches n’a plus sa raison d’être en 2018.

«C’est une industrie qui est cruelle pour les animaux et depuis plusieurs années, les chevaux font partie de nos campagnes majeures», poursuit-elle. «Pour nous, la décision de Montréal d’interdire les calèches est une grande victoire que l’on célèbre puisque ça fait des années qu’on discute avec la Ville pour les encourager à mettre fin à cette industrie.»

À la Coalition anti-calèches, Mirella Colalillo, qui agit comme porte-parole pour la région montréalaise, était aussi heureuse de la décision de la Ville de Montréal. «Maintenant nous allons avoir plus de temps à consacrer à Québec, il faut se concentrer sur la Ville de Québec et nous allons aider les militants là-bas», a-t-elle déclaré.

Si les Sociétés protectrices contre la cruauté envers les animaux de Montréal et Victoria s’étaient aussi prononcées contre les calèches, le mouvement anti-calèches ne pourra cependant pas compter sur l’appui de la Société protectrice des animaux (SPA) de Québec, qui a choisi de ne pas s’engager dans ce débat.

«C’est une directive de notre conseil d’administration: on s’exprime uniquement sur ce qui concerne les animaux domestiques. On ne se prononce pas sur les animaux de la ferme comme les chevaux de calèches ou alors les chevaux ou les taureaux dans les rodéos», a expliqué Félix Tremblay, président de la SPA de Québec.

Plus difficile

D’ailleurs, la capitale devrait être plus difficile à convaincre que la métropole à laisser tomber ses calèches. L’an dernier, après un épisode où un cheval s’était écroulé dans la rue après avoir trébuché et un autre où une cochère avait été blessée quand son cheval avait pris le mors aux dents, le maire Régis Labeaume avait répété sa profession de foi pour ces véhicules emblématiques très prisés des touristes.

Qualifiant le règlement sur les calèches d’excellent et le protocole sur la santé des chevaux d’impeccable, le maire avait ajouté que les calèches faisaient partie de l’ADN de la ville depuis des décennies.

Vendredi, le porte-parole du maire, Paul-Christian Nolin, a d’ailleurs répété qu’il n’avait reçu aucune information voulant que la Ville puisse reconsidérer sa décision dans la foulée de l’interdiction prévue à Montréal. 

«Il y a une espèce de pression chaque fois que le débat revient à Montréal, ça rebondit toujours à Québec. Pourtant, ici, ça fait un bon bout de temps que cette activité est encadrée. Nos règlements à Québec n’ont rien à voir avec ceux de Montréal. Nous avons un vétérinaire à temps plein et un policier à temps plein sur le dossier des calèches», a conclu M. Nolin.