Pour la première fois, les taxes commerciales seront les mêmes que pour le résidentiel alors qu'elles étaient 0,5 % plus élevées l'an dernier.

Budget 2016: la dette en baisse à Québec

Malgré un budget en hausse de 2,8 %, la Ville de Québec maintient les taxes à l'inflation de 1,9 % autant pour les particuliers que les commerçants. L'exercice budgétaire 2016 prévoit aussi pour la première fois une réduction de la dette de 59 millions $. Un symbole fort aux yeux du maire Régis Labeaume qui n'a pas lésiné sur la fierté.
Le budget 2016 de la Ville de Québec s'élève à 1,403 milliard $, en hausse de 2,8 % par rapport à l'an dernier.
«C'est la journée la plus importante de notre administration. Nous attentions ce moment depuis six ans», s'est félicité le maire de Québec. «Six ans après la création d'un cadre financier structuré que nous avons suivi avec rigueur et patience.»
Commencer à réduire la dette de 1,628 milliard $ dès 2016 est la concrétisation d'une promesse maintes fois répétée par le maire depuis l'adoption d'un cadre financier en 2011.
Ce plan prévoit chaque année des compressions de 22,4 millions $ dont 15 millions $ pour le paiement comptant des immobilisations et 7,4 millions $ au paiement de la dette.
«La dette continuera à baisser tous les ans tant que nous dirigerons la Ville», a promis le maire tant en conférence de presse que lors de son discours d'ouverture du conseil municipal de lundi soir.
Comme si elle voulait marquer le coup, l'administration Labeaume a annoncé que 59 millions $ des 139 millions $ de réduction de la dette prévue d'ici trois ans seront absorbés dès la première année, soit 42 % de l'objectif. «On est pile poil avec notre cible», a dit le conseiller responsable des Finances, Jonatan Julien.
Le maire Labeaume a renchéri, déclarant même qu'abaisser la dette est plus important à ses yeux que l'inauguration de son bébé, le Centre Vidéotron.
«Le virage que nous imposons aux finances de la Ville représente plusieurs amphithéâtres, a-t-il illustré. Il n'y a pas de réalisation plus importante.»
Poursuivant au conseil municipal son envolée de fierté pour la bonne gestion de la Ville de Québec, le maire a aussi blagué que si la Ville était une entreprise, elle serait un exemple en termes de productivité. «Je suis à la veille de faire inscrire la Ville à la Bourse, a-t-il lancé. Ce serait une entreprise privée en très bonne santé. L'avenir de cette magnifique ville-là est brillant.»
Hausse de taxes de 1,1 % à 5,4 %
Le budget 2016 présenté lundi est de 1,403 milliard $, en hausse de 2,8 % par rapport à l'an dernier.
Sans surprise, il prévoit, comme c'est le cas depuis plusieurs années, une hausse moyenne des taxes à l'inflation suivant les prédictions du Conference Board et des principales grandes banques, soit de 1,9 %.
Mais tous les secteurs de la Ville n'ont pas la même hausse. L'harmonisation toujours en cours depuis les fusions de 2002 et les dettes des anciennes villes jouent toujours dans le calcul pour une résidence d'une valeur moyenne de 283 000 $.
Les contribuables du secteur Vanier sont les plus touchés avec 5,4 % de hausse moyenne. À l'inverse, les résidents de l'ancienne ville de Val-Bélair connaissent une hausse inférieure à l'inflation, soit 1,1 %.
Pour la première fois depuis 2006, les taxes commerciales seront les mêmes que pour le résidentiel alors qu'elles étaient 0,5 % plus élevées l'an dernier.
«On sait que certains commerces ont trouvé ça difficile ces deux dernières années», a dit le M. Labeaume, qualifiant cette décision «d'équitable».
En 2013, devant la grogne des commerçants, la Ville de Québec avait dû dénicher la mesure «Robin des bois» pour revoir à la baisse plus de 3700 factures de taxes de petites entreprises. Certains entrepreneurs avaient vu leur compte bondir de 100 %.
La Chambre de commerce et d'industrie de Québec n'a d'ailleurs pas tardé à réagir positivement lundi, saluant cette «première en 10 ans».
«Force est de constater que l'administration municipale a choisi de respecter la capacité de payer des gens d'affaires cette année et nous ne pouvons que nous réjouir d'avoir été entendus», a déclaré le président et chef de la direction de la Chambre, Alain Aubut.
<p> Répartition de la facture de taxes de la résidence unifamiliale moyenne de 283 000 $  </p>
=> Hausses moyennes par secteur (maison évaluée à 283 000$)
• Vanier: 5,4 %
• Lac-Saint-Charles: 3,3 %
• Sillery: 3 %
• Charlesbourg: 2,4 %
• St-Émile; 3,2 %
• Sainte-Foy: 2,2 %
• Beauport: 2,9 %
• Québec: 2,4 %
• Cap-Rouge: 2,5 %
• Loretteville: 1,9 %
• Val-Bélair: 1,1 %
 
Source : Ville de Québec
Les citoyens encore trop taxés, dénonce Shoiry
<p>Le chef de l'opposition, Paul Shoiry</p>
Les citoyens de Québec auraient dû avoir droit à un «répit» sur leur facture de taxes, estime l'opposition à l'hôtel de ville. 
Augmenter les taxes selon l'inflation, soit 1,9 %, est encore trop, a réagi le chef de l'opposition, Paul Shoiry, peu après la présentation du budget 2016. 
Il faut dire qu'avec l'harmonisation des anciennes villes toujours en cours depuis 2002, certains secteurs voient leur facture bondir bien au-delà du 1,9 % annoncé. 
«Les citoyens sont en droit d'avoir un répit. Je pense à ceux de Vanier avec une augmentation de taxes extrêmement importante», a poursuivi M. Shoiry à propos du 5,4 % de hausse. D'autant plus, a-t-il ajouté, que les taxes l'an dernier étaient en moyenne de 1,8 %.
Or, a dit M. Shoiry, l'inflation réelle a été davantage autour de 1,1 %. «Il [le maire] fait une prédiction et il se trompe chaque année. Il augmente les taxes de façon plus importante que l'inflation réelle. S'il était fidèle à son engagement, il ajusterait le taux 2016 en fonction de son erreur de 2015. Il devrait donc y avoir une augmentation moins importante et même pas d'augmentation de taxes s'il était vraiment un bon gestionnaire.» 
L'élu de Démocratie Québec ne s'est pas non plus montré impressionné par la baisse de la dette annoncée depuis des années et confirmée lundi. «Le maire a créé le problème par des investissements massifs dans toutes sortes de dossiers. La dette a augmenté de façon considérable depuis qu'il est là, il est juste normal qu'elle commence à baisser, a-t-il tranché. La dette demeure plus importante que le budget de dépenses. Il y a encore beaucoup de travail à faire.»