La semaine dernière, la Ville de Québec a annoncé qu’elle coupait 20 % des heures des brigadiers scolaires. Selon un premier calcul effectué par le Syndicat canadien de la fonction publique, ces coupes représentent 25 000 heures travaillées en moins, pour une économie d’environ 600 000 $ sur une masse salariale qui avoisine 2,8 millions $.

Brigadiers scolaires: la justification «des coupes» réclamée

L’opposition à l’hôtel de ville demande à l’administration Labeaume de justifier les coupes de plus de 20 % des heures des brigadiers scolaires dénoncées par leur syndicat, qui fera le point ce mercredi.

Le conseiller municipal Jean Rousseau a parti le bal mardi matin, aux abords de l’école Saint-Jean-Baptiste. «Couper les heures de travail des brigadiers scolaires de 20 %, sans que les parents-citoyens de la ville de Québec aient été informés, est disgracieux et irrespectueux. Dans ce contexte, la façon de faire de la Ville créera de l’insécurité auprès des parents et des élèves», s’est-il indigné.

Selon le représentant de Cap-aux-Diamants, les commissions scolaires, les conseils d’établissement et les brigadiers scolaires n’ont jamais été informés de la décision. «La Ville doit consulter les parties prenantes et mieux informer la population des motifs justifiant ces coupures, afin de ne pas entretenir un cynisme inutile envers des élus municipaux.»

En après-midi, l’opposition officielle, Québec 21, joignait sa voix à celle de M. Rousseau pour connaître le fond de l’histoire, sans toutefois vouloir qualifier les coupures de la Ville. 

«Il faut rendre cette information publique. J’ai demandé au maire la tenue d’un comité plénier pour expliquer les bases des décisions prises, rendre les analyses publiques et s’assurer que la sécurité n’est pas un enjeu», a déclaré le chef du parti, Jean-François Gosselin.

Jeudi, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) dénonçait ce qu’elle considère comme des coupes injustifiées. Selon un premier calcul effectué par le SCFP, les coupes de 20 % représentent 25 000 heures travaillées en moins, pour une économie d’environ 600 000 $ sur une masse salariale qui avoisine 2,8 millions $. Le représentant syndical, Yannick Labrecque, doute aussi que les coupes découlent d’une analyse fine de l’achalandage de chaque intersection. 

Au lendemain de cette sortie, le maire de Québec, Régis Labeaume, accusait le syndicat de mentir effrontément et «d’utiliser les enfants et l’insécurité des parents pour mettre du poids dans leurs négociations syndicales».

Dans un communiqué, la Ville a soutenu que «la révision globale des horaires des brigadiers a permis de déceler des périodes de présence de brigadiers à des plages horaires où il n’y a plus d’enfants qui circulent à leur intersection, notamment une fois que les classes sont débutées».

La convention collective des brigadiers arrive à échéance en décembre. Joint au téléphone mardi, M. Labrecque précise qu’il n’y a aucun lien entre les futurs pourparlers et la présente dénonciation. 

En fin de journée, le SCFP réitérait que les coupures «étaient faites sans analyse des besoins». Dans un communiqué annonçant un point de presse ce mercredi, le syndicat demandait à la Ville de revoir sa position, tout en qualifiant «d’aberrant» le fait d’avoir adapté l’horaire sans connaître, selon lui, la fréquentation réelle des traverses.