La réalisation par phases permettrait que le financement soit bouclé dans quatre ans, selon le ministre québécois des Transports, François Bonnardel.

Bonnardel veut réaliser le projet du tramway par «phases»

Le plan B que le gouvernement caquiste mijote pour le tramway de Québec est de le réaliser par «phases», alors que le financement complet du projet ne pourra être obtenu que dans quatre ans.

«Ça peut être fait en phases au cours des quatre prochaines années», a soutenu le ministre des Transports François Bonnardel lundi, avant d’ajouter que «le projet est important pour nous».

Son cabinet précise qu’il n’est pas question pour le gouvernement de réduire le projet de transport structurant de la Ville de Québec, contredisant ainsi la possibilité évoquée par le premier ministre François Legault jeudi dernier, soit que si le fédéral ne bouge pas, «on sera obligés de regarder la possibilité de réduire les coûts du projet».

Devrait-on commencer par construire le tramway au centre-ville ou par mettre en place les trambus qui desservent les banlieues? Le ministre Bonnardel ne veut pas s’avancer. «Ce sera à Québec de le définir dans une certaine mesure. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y aura 2,5 milliards $ sur la table pour débuter le projet.»

Le ministre Bonnardel additionne les sommes de 1,8 milliard $ de son gouvernement, de 400 millions $ du gouvernement fédéral et de 300 millions $ de la Ville de Québec pour arriver à ce montant. 

Refusant d’aller piger le 800 millions $ manquant dans d’autres enveloppes fédérales, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) va attendre en 2023, date à laquelle la clause d’achalandage de l’Entente bilatérale intégrée (EBI) tombera, pour aller récupérer la somme, qui serait normalement allée à des projets de transport en commun de la Ville de Montréal. «Quand la clause d’achalandage va sauter dans quatre ans, nécessairement, il y a un 800 millions $ disponible», indique le ministre. 

Son cabinet indique qu’il travaille encore sur le plan A, c’est-à-dire de convaincre le gouvernement fédéral de le laisser tomber la clause d’achalandage du transport en commun tout de suite, afin de sécuriser les sommes pour le tramway de Québec. 

Projet de loi

D’ici la fin de la session parlementaire, le 14 juin, le gouvernement caquiste déposera un projet de loi pour faciliter la construction du tramway. Ce projet de loi devrait ressembler à celui qui avait été déposé en 2017 pour que la construction du Réseau express métropolitain (REM) puisse aller de l’avant, a appris Le Soleil. 

La création de servitudes et des allègements réglementaires pour acquérir des terrains ou procéder à des expropriations pour faire passer le tramway sont à prévoir. «On va donner tous les outils à Québec pour démarrer ce projet», assure M. Bonnardel. 

Le député libéral Gaétan Barrette craint pour sa part que ce projet de transport finisse par être «boiteux», étant donné la façon dont il est traité par la CAQ. «Je pense que ce gouvernement-là, face à ses problèmes d’avoir trop promis, annonce un projet en phases pour en abandonner une phase éventuellement ou deux. Ce projet-là est un projet complet. Il n’a pas sa fonctionnalité s’il n’est pas complet», croit-il.

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LES ÉLUS ATTENDENT UNE CONFIRMATION

À la Ville de Québec, l’attaché de presse du maire, Paul-Christian Nolin, indique que les élus municipaux ont appris la nouvelle par les médias. Ils préféraient donc obtenir une confirmation du gouvernement Legault avant de commenter l’information reçue. 

Depuis le retrait temporaire de la vie politique de Régis Labeaume pour traiter un cancer, c’est le vice-président du comité exécutif et président du RTC, Rémy Normand, qui porte ce dossier.  

En point de presse la semaine dernière, il avait écarté l’idée d’un quelconque «plan B» et refusé une nouvelle fois de se mêler de ce qu’il qualifie de «guerre fédérale-provinciale». M. Normand réagissait à une déclaration du premier ministre du Québec, qui évoquait la possibilité de réduire les coûts du projet si Ottawa n’injectait pas 800 millions $ supplémentaires pour boucler le financement.  Jean-François Néron