La ministre de la Culture, Hélène David, a souligné l'importance de revoir la politique culturelle québécoise, qui date de 1992.

Boisé Woodfield: Labeaume prêt à mettre «le pied à terre»

Le maire de Québec veut convaincre la nouvelle ministre de la Culture, Hélène David, d'empêcher la construction de condos dans le boisé Woodfield, voisin du cimetière Saint-Patrick.
Dans un jugement rendu le 4 juillet, la Cour supérieure a interdit aux promoteurs du projet Woodfield d'entreprendre des travaux tant que le fond de la question n'aura pas été tranché.
La juge Johanne April a donné raison aux Jardins de Coulonge, propriétaire d'un luxueux immeuble locatif voisin du boisé, qui craint des «dommages irréparables» si le chantier démarre. Elle s'interroge toutefois sur la capacité des opposants à renverser en bout de course l'autorisation donnée par le précédent gouvernement.
Lundi, le maire de Québec, Régis Labeaume, s'est désolé que la protection du boisé n'a pu être assurée par un programme particulier d'urbanisme (PPU) de la Ville. Il a fait connaître son intention de rencontrer la nouvelle ministre de la Culture, Hélène David, pour lui présenter sa position dans ce dossier. 
Je vais lui expliquer nos plans, a-t-il affirmé. [...] On a toujours dit que c'est le gouvernement qui décide, mais là, ça se peut qu'on mette le pied à terre.» 
Au cabinet de la ministre, on s'abstient de commenter parce que le dossier est devant les tribunaux.
L'entreprise Woodfield Capital, qui a obtenu fin mai des permis de la Ville et du gouvernement du Québec pour la construction d'un édifice de 74 unités, devra attendre. Elle refusait jusqu'ici de s'engager à ne pas commencer les travaux avant la fin des procédures judiciaires.
Pas la guerre...
Selon le jugement rendu, «sans l'émission d'une ordonnance de sauvegarde, [le promoteur] procédera immédiatement au début des travaux par l'abattage des arbres». Or, «la destruction d'arbres tricentenaires et de milieux naturels uniques» est justement ce que la poursuite des Jardins de Coulonge cherche à éviter. 
Au-delà de la bataille, la guerre semble toutefois loin d'être gagnée pour les Jardins de Coulonge. En effet, l'entreprise doit démontrer que l'autorisation ministérielle octroyée par l'ex-ministre de la Culture, Maka Kotto, mérite d'être déclarée invalide. Il semble y avoir loin de la coupe aux lèvres. «N'ayant pas renversé le fardeau de la présomption de validité de l'autorisation ministérielle, le droit [des Jardins de Coulonge] est à ce moment-ci pour le moins contestable», écrit la juge April. 
Les propriétaires des Jardins de Coulonge arguent que la discrétion exercée par l'ex-ministre dans le dossier Woodfield constitue un «exercice irrégulier, abusif et déraisonnable». Ils plaident en outre que la décision contourne le Plan de conservation pour le site patrimonial de Sillery.  
Avec Stéphanie Martin