Selon Benoit Bouchard, maire de Boischatel, le RTC ne pouvait pas répondre aux nouveaux besoins de sa municipalité. La mairie a donc décidé de ne pas renouveler le contrat oscillant entre 700 000 $ et 800 000 $ pour investir dans son propre réseau.

Boischatel largue le RTC

Pour offrir un meilleur service aux citoyens, Boischatel ne renouvèlera pas son contrat avec le Réseau de transport de la capitale (RTC). Dès l’été prochain, la municipalité de l’est de Québec lancera son propre service d’autobus dont les trajets seront plus fréquents et plus étendus. Et ce sera gratuit.

«On est vraiment les premiers en périphérie de Québec à offrir un tel service», se félicite le maire Benoit Bouchard. L’élu pense d’ailleurs que l’idée pourrait inspirer d’autres administrations municipales.

«Boischatel a beaucoup changé», fait-il remarquer. La population a crû rapidement et s’est déployée sur le territoire. «On voulait couvrir le territoire au complet.»

Le RTC ne pouvait pas répondre aux nouveaux besoins, selon lui. La mairie a donc décidé de ne pas renouveler le contrat oscillant entre 700 000 $ et 800 000 $ pour investir dans son propre réseau.

Quelle sera l’offre de transport en commun ? Vers le milieu du mois d’août, des minibus prendront la route. Aux heures de pointe, deux véhicules suivront un parcours de 24 kilomètres, contre 7 km actuellement. Les usagers pourront y grimper aux 30 minutes. Le reste de la journée, jusqu’à 23h, la fréquence passera à 60 minutes.

Aussi, les «navettes» permettront de rejoindre les parcours habituels du RTC à Beauport pour filer vers le centre-ville de la capitale. Le RTC nous a d’ailleurs indiqué qu’il «s’assurera de l’arrimage des horaires et des points de correspondance».

Économies

Même en augmentant la fréquence des passages et la longueur des trajets, le maire Bouchard pense réaliser des économies. Il évoque «un gain de services […] pour moins cher.»

Comment est-ce possible ? Notamment en utilisant de plus petits véhicules, de 21 places, avance-t-il. Il resterait même une marge de manœuvre budgétaire afin d’améliorer, d’adapter, le service en fonction des commentaires qu’exprimeront les citoyens.

«Pas un mauvais modèle»

De son côté, le président du RTC Rémy Normand ne voit pas ce retrait comme un désaveu. «Boischatel a fait un choix différent à partir d’août 2019, ça leur appartient. Ce n’est pas un mauvais modèle, en passant.»

«On avait déjà dit dans le passé qu’il y avait des plus petits territoires qui seraient plus avantageusement desservis avec des modèles différents. Est-ce qu’il y a des avantages […] ils feront leur bilan.» Il ajoute que le RTC offrait son service à coût nul.

PLUMobile a été mandaté par Boischatel pour gérer le dossier. Il s’agit du bras de transport de l’organisme Développement Côte-de-Beaupré, administré par les municipalités de la région. PLUMobile s’occupera également du transport adapté. Après avoir publié un appel d’offres, l’entreprise Les Tours du Vieux-Québec a été choisie pour fournir les véhicules.

Boischatel compte environ 7700 habitants. Elle est la seule municipalité de la périphérie de Québec qui avait une entente de desserte avec la capitale. «La ville de Boischatel défrayait les coûts par heure de service offert», note la conseillère en relations publiques du RTC, Brigitte Lemay. «Au total, ce sont environ 3 200 heures de service qui étaient livrées annuellement à cette municipalité.» Le maire pense pouvoir en offrir 40 % de plus.