Bois-de-Coulonge: un gros fil électrique dans l’eau, c’est sécuritaire!

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
Figurez la scène une minute : vous déambulez au Bois-de-Coulonge, parc réputé de la capitale, quand vous arrivez près du cap. Là, quatre tuyaux émergent du sol au pied d’un poteau d’Hydro-Québec. Les conduits abritent des fils électriques de bonne dimension grimpant vers le ciel. Mais il n’y a pas que le câblage étatique qui sorte desdits tuyaux… de l’eau jaillit abondamment. Rassurés?

Marie-Hélène Ouellette était, elle, inquiète. Elle craint qu’un enfant y touche, elle craint l’électrocution. Amie du Soleil, elle nous a écrit. «J’ai pensé que ce qui est arrivé [mercredi dernier] au Bois-de-Coulonge pourrait vous intéresser.»

Elle avait aussi alerté les autorités compétentes qui lui auraient appris que l’eau gicle ainsi pendant un temps après chaque pluie. D’ailleurs, elle y est retournée samedi : ses photos témoignent que de l’eau y coulait encore.

Ne reculant devant rien (!), Le Soleil s’est rendu sur place mardi… pour constater que le jet s’était asséché.

N’empêche, un fil électrique de bon voltage qui baigne dans l’eau, tout près de l’aire de jeu pour les enfants, il y a matière à poser quelques questions.

Les pompiers?

Le Service de protection contre l’incendie de Québec est au fait de la situation inhabituelle. C’est que mercredi de la semaine dernière, on les a contactés. «Nous avons été appelés une fois lors de la dernière année et il s’agit du 5 août dernier», indique Alexandre Lajoie officier médias-prévention. Mais les pompiers ne touchent pas aux fils de la société d’État. «Lors d’une intervention en présence d’un équipement appartenant à Hydro-Québec qui pourrait présenter un risque pour la sécurité, nous faisons toujours appel au service d’Hydro-Québec.» C’est donc vers l’entreprise nationale qu’il nous redirige.

La Commission de la capitale nationale?

La Commission de la capitale nationale, gestionnaire du Bois-de-Coulonge, est aussi au fait de l’affaire. «La chose se produit particulièrement au printemps, lors de la fonte des neiges, ou encore l’été, en raison de fortes précipitations qui occasionnent une augmentation probable du niveau de la nappe phréatique», observe Stéphane Desmeules, coordonnateur aux communications et à la promotion. 

Il convient que cela peut surprendre. D’ailleurs, la Commission aussi a posé des questions. «La situation que vous portez à notre attention peut en effet sembler étonnante puisque de l’eau s’écoule d’un tuyau contenant des câbles, mais elle est sans danger. Lors d’une validation faite auprès des équipes d’Hydro-Québec, ces derniers nous ont confirmé qu’il n’y a pas d’enjeu de sécurité.»

Hydro-Québec

C’est donc chez Hydro-Québec que se trouvent les réponses. Résumons : eh ben, un gros filage électrique peut baigner dans l’eau sans que la société d’État y perçoive un quelconque péril. «Il n’y a pas de danger», rassure Hélène Fortin, agente de relations avec le milieu. «On n’est pas inquiets pour nos installations.»

Soit. Nous aimerions néanmoins comprendre comment de l’eau peut jaillir d’un tuyau conçu pour protéger les fils enfouis.

«Cette situation-là est causée par la dénivellation du sol», note Mme Fortin. Le parc du Bois-de-Coulonge est pentu. Le poteau où émergent les tuyaux est tout au bas. L’eau du terrain s’infiltre donc dans les canalisations, puis la force de la gravité pousse le liquide vers la sortie. 

«Ça peut arriver qu’il y ait des infiltrations, mais ce n’est pas préoccupant. […] Les câbles sont super bien protégés. La gaine protège très bien le fil.»

Donc, aucun travaux correctifs ne sont planifiés : «Il n’y a pas d’interventions qui sont prévues.»