Brian Pierce (devant), Yann Gravel, Jean-Philip Paradis et Jean-Michael Noël, copropriétaires de Noctem Artisans Brasseurs, sont à la recherche d’un local dans un parc industriel de Québec.

Bientôt 8 fois plus de bière pour Noctem

La demande pour les bières de Noctem est telle que les cuves de la brasserie artisanale du quartier Saint-Roch ne suffisent plus. Une usine sera aménagée au cours des prochains mois dans un parc industriel de Québec afin de multiplier par huit la production.

«L’été, on manque de bière», justifie le copropriétaire Jean-Philip Paradis. «On en manque une bonne partie de l’année en fait», se ravise-t-il aussitôt.

La production de bière à même la microbrasserie, ouverte en 2015 dans les anciens locaux du Yuzu à l’angle du boulevard Charest et de la rue du Parvis, totalise 50 000 litres par année. 

Pour faire face à la demande croissante, pour ne pas dire exponentielle, Noctem Artisans Brasseurs fait brasser sa bière vedette, la Catnip, en sous-traitance par la microbrasserie Oshlag de Montréal, à raison d’environ 3000 litres par mois. La majeure partie revient en fût à Québec et le reste est mis en cannette et vendu dans seulement sept dépanneurs et supermarchés. Mais encore là, les quantités manquent. 

«Dans la phase logique d’expansion de l’entreprise, c’était justement de faire une usine, un local où on peut produire plus de bière, pas nécessairement avec un restaurant, juste de la production en fût et en cannettes», expose M. Paradis. 

Les quatre copropriétaires sont à la recherche d’un local dans un parc industriel de Québec afin de rapatrier la production. Ils ont besoin d’environ 8000 pieds carrés, assez pour fabriquer 350 000 litres de bière par année. La Catnip, une India Pale Ale (IPA) bien cotée par les amateurs, sera la première à sortir des nouvelles cuves. D’autres bières suivront, en ordre de popularité. 

Le public sera le bienvenu à l’usine pour visiter les installations, assister au lancement des nouveaux produits, prendre un verre et faire des provisions, souligne M. Paradis. Le nombre de points de vente externes est aussi appelé à augmenter. «Le pub devient un laboratoire, l’endroit où on teste en plus petits volumes», dit le jeune brasseur. 

L’usine devrait être opérationnelle à l’automne et permettre la création de quatre ou cinq emplois. Les fondateurs de Noctem y passeront le plus clair de leur temps et devront être remplacés au pub, qui emploie une trentaine de personnes. 

L’investissement requis se situe entre 700 000 $ et 800 000 $. Le comité exécutif de la Ville de Québec vient d’autoriser une subvention de 50 000 $. Le projet a été retenu dans la troisième cohorte de l’appel à projets Québec, ville entrepreneuriale. 

Jean-Philip Paradis, qui accueille Le Soleil dans son chef-lieu du quartier Saint-Roch en ce jeudi après-midi, fait preuve d’une grande humilité pour expliquer le succès de Noctem. «L’éducation du consommateur change. Il veut voir autre chose» que les bières industrielles, fait-il valoir. «Et dans ce contexte, on se démarque.»

Partout au Québec, les microbrasseries ont le vent dans les voiles, note celui qui est administrateur de l’Association des microbrasseries du Québec. Il est convaincu que ce n’est pas une mode, mais une tendance lourde.