Quinze portraits de citoyens de Saint-Roch ont été installés sur les murs de l'ancien dépanneur situé au coin de la rue Monseigneur-Gauvreau afin de sensibiliser les passants à la problématique des bâtiments abandonnés.

Bâtiments abandonnés dans Saint-Roch: quand les murs parlent d'inquiétudes...

Le comité de citoyens de Saint-Roch a trouvé le moyen de faire parler les murs. Ceux d'un bâtiment abandonné sur la rue Saint-Joseph, qui a été placardé dimanche de portraits géants de résidents du quartier qui souhaiteraient que tous s'inquiètent autant qu'eux de sa vitalité.
L'initiative s'inscrit dans le mouvement international artistique Inside Out, né en 2011 en Californie et visant à donner l'opportunité aux citoyens de transmettre un message en s'affichant sur d'immenses portraits.
En s'en prenant à l'ancien dépanneur situé au coin de la rue Monseigneur-Gauvreau, les 15 résidents de Saint-Roch photographiés ont voulu sensibiliser les passants à la problématique des bâtiments abandonnés. Selon leur décompte, il y en aurait une quarantaine dans le centre-ville uniquement. 
Plaies urbaines
«Ils ont à coeur la beauté du quartier, sa vitalité», explique David Gagnon, du comité de citoyens Saint-Roch. Le projet artistique permet, selon lui, «d'envoyer un signal à la communauté» sur les plaies urbaines qui pourrissent non seulement le paysage, mais également la vie des gens, qui ne peuvent jouir de ces espaces. 
Puisqu'il est à l'abandon, l'immeuble de la rue Saint-Joseph, qui abritait autrefois une épicerie distinguée puis un dépanneur, risque d'être démoli, déplore M. Gagnon. Selon lui, le bâtiment a été construit dans les années 1840 dans l'esprit du néoclassicisme québécois développé par l'architecte Baillargé. «On ne veut pas viser les propriétaires», soutient-il cependant, expliquant que l'idée est seulement d'embellir la façade tout en faisant passer un message. 
Néanmoins, le propriétaire, GM Développement, assure que sa propriété ne croupira plus longtemps. «On veut la restaurer», affirme la porte-parole des promoteurs, Annie Germain. Elle précise toutefois que puisque l'immeuble est patrimonial, il y a plusieurs critères à respecter et que le tout peut prendre un peu de temps. La vocation de l'immeuble demeurera la même avec un local commercial au rez-de-chaussée et possiblement des bureaux à l'étage.