Marie-Ève Duchesne membre du comité aménagement du Compop, a accroché une symbolique affiche limitant la vitesse à 30 km/h sur la rue Saint-Jean pour marquer le début d’une campagne de sensibilisation.

Bataille pour réduire la vitesse à 30 km/h partout dans Saint-Jean-Baptiste

Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste reprend le bâton du pèlerin dans l’espoir de convaincre la mairie de la capitale de réduire la circulation automobile dans le faubourg. Il réclame maintenant que la limite de vitesse soit réduite à 30 km/h dans toutes les rues.

«On a décidé de passer à l’offensive», annonce Marc Boutin, membre du comité aménagement du Compop. «Il y a un ras-le-bol par rapport à la vitesse, à l’agressivité des automobilistes.»

«Le quartier Saint-Jean-Baptiste est d’abord un quartier résidentiel», poursuit-il en déplorant que les travailleurs des banlieues s’y faufilent en voiture matin et soir dans l’espoir d’économiser quelques minutes. «Le trafic de transit est un problème.»

Jeudi matin, sa collègue Marie-Ève Duchesne a donc accroché une symbolique affiche limitant la vitesse à 30 km/h sur la rue Saint-Jean pour marquer le début d’une campagne de sensibilisation qui, espère-t-elle, touchera les élus municipaux. «On demande à la Ville d’intervenir pour réduire la vitesse dans l’ensemble des rues […] du faubourg. Dans le quartier, on marche beaucoup. C’est un enjeu de sécurité.»

Mme Duchesne promet de maintenir le sujet dans l’actualité, notamment en effectuant une occupation de rue «dérangeante» durant le printemps. Et prévient que la réduction de la vitesse n’est qu’une première étape; le Compop veut que toutes les voies du quartier deviennent «partagées» comme la côte Sainte-Claire. C’est quoi ? Dans ces rues, piétons, cyclistes et automobilistes circulent sur le bitume, à basse vitesse. Les autos doivent «partager».

Une bonne idée?

Est-ce une bonne stratégie de réduire la vitesse à 30 km/h dans les rues ? Tout à fait, répond sans hésiter le directeur général d’Accès transports viables, Étienne Grandmont. Les études scientifiques démontreraient que cette diminution engendre une augmentation de 80% des chances de survie pour un piéton ou un cycliste après une collision.

La Vision zéro accident développée en Suède fait d’ailleurs la promotion de cette norme pour toutes les rues où se trouvent des usagers vulnérables. En plus, cette approche prône un meilleur aménagement de l’emprise pour améliorer la sécurité de tous, entre autres en séparant les usages : une voie pour l’auto, une piste cyclable, des trottoirs larges...

Les citoyens marchent beaucoup dans Saint-Jean-Baptiste, fait remarquer M. Grandmont. «Il n’y a pas de raison que ce quartier résidentiel ne soit pas à 30 km/h.»