Le Lac Saint-Charles

Bassins versants: les maires de la couronne nord s’entendent [VIDÉO]

Les maires de Québec, Stoneham, Lac-Beauport et de Sainte-Brigitte-de-Laval se sont entendus sur un nouveau Règlement de contrôle intérimaire (RCI) pour la protection de l’eau dans les bassins versants. Ce nouveau RCI permet à 95 % des propriétaires de terrains de pouvoir réaliser leur projet en respectant de nouveaux critères comme planter des arbres et mettre un système de ruissellement pour garder l’eau dans le sol.

Pour les terrains déjà construits, les propriétaires devront ajouter quelques arbres pour assurer un couvert végétal. Pour les terrains lotis, mais sans construction, ils devront en plus de mettre des arbres, prévoir une superficie imperméable pour permettre l’écoulement des eaux de ruissellement, sans qu’elle se retrouve dans les cours d’eau.

«C’est un soupir de soulagement pour les familles qui avaient vu leur projet de construction suspendu», a reconnu le maire de Québec, Régis Labeaume, qui a accepté de faire des «compromis» tout en insistant sur la protection de l’eau pour entériner cet accord. 

En 2016, la Communauté métropolitaine de Québec avait adopté un règlement très sévère, qui avait été contesté par Lac-Beauport et Stoneham-et-Tewkesbury. Le jugement rendu leur avait été favorable en déclarant le RCI irrecevable, ce qui avait fait bondir le maire Labeaume à l’époque. 

Pour les développements futurs, il faudra maintenir un certain nombre d’arbres. La superficie et la largeur des terrains seront déterminées selon le secteur. Il y aura un contrôle de l’imperméabilisation et conservation des milieux naturels. Il ne sera plus possible non plus de construire si la pente est supérieure à 25%, l’ouverture d’une nouvelle rue sera autorisée seulement s’il y a la présence d’un réseau d’égout privé, municipal ou collectif, et la superficie du terrain devra être au minimum de 1000m2.

«On vise le rejet zéro en visant la percolation et l’infiltration afin de contenir les eaux de ruissellement sur les terrains au lieu qu’ils se rejettent dans les cours d’eau», a expliqué le maire de Québec, Régis Labeaume. 

Quelques cas à régler

Si la majorité des propriétaires vont pouvoir aller de l’avant avec leur projet, une quinzaine devront s’entendre avec leur municipalité. «Nous allons réglementer spécifiquement pour chacun des terrains pour faire en sorte de régler tous les problèmes», a mentionné M. Labeaume.

Il a également profité de la conférence de presse, pour lancer une flèche à l’ancien maire de Stoneham qu’il rend responsable du RCI 2016 à cause du «développement anarchique» dans sa municipalité. «On a été drastique à l’époque pour arrêter le bordel.»

À Stoneham, il reste deux ou trois cas sur les 80 à régler, à Sainte-Brigitte-de-Laval, 10 sur 26, et à Lac-Beauport 3 ou 4 sur une cinquantaine. 

Pour le président du Conseil régional de l’Environnement, Alexandre Turgeon, ce nouveau règlement est la bonne solution pour tous les citoyens et la protection de l’eau. «Le règlement est beaucoup plus simple, plus orienté sur des objectifs précis en matière de protection des espaces naturels sur les terrains, de lutte à l’imperméabilisation des sols. Les citoyens qui vivent à Lac-Beauport et à Stoneham qui regardent aller les nouveaux développements sont les premiers à se désoler de l’anarchie et de la destruction de leur paysage.» 

Le nouveau réglement doit être entériné par le ministère des Affaires municipales dans un délai de 60 jours.