Cette résidence jaune patrimoniale, devant laquelle discutent des membres du Comité de citoyens pour une densification respectueuse, pourrait bientôt avoir deux maisons en rangée contemporaines comme voisines.

Avenue des Grands-Pins: un «saccage» dans Sillery

Un groupe de citoyens de Sillery revient à la charge et dénonce le «saccage» qui se prépare sur l'avenue des Grands-Pins en raison de l'«impuissance» de l'administration Labeaume.
Au début du mois, le Comité de citoyens pour une densification respectueuse (CCDR) s'est dressé contre le maire Régis Labeaume, qui venait d'affirmer que certains citoyens de Sillery faisaient preuve d'intimidation en s'opposant à la construction de nouveaux bâtiments au fort gabarit.
Selon le CCDR, les propos du maire visaient à masquer la faiblesse du règlement adopté le 7 juillet par le conseil municipal afin de mieux encadrer les démolitions qui font place à de nouvelles constructions.
Cette fois, le comité de citoyens souhaite porter le débat sur un exemple réel de «saccage» sur l'avenue des Grands-Pins, dans Sillery.
Une maison unifamiliale a été vendue récemment à un promoteur, qui souhaite la démolir pour y construire deux maisons neuves en rangée.
Le hic, pour le CCDR? Si elles obtiennent un permis de construction, les maisons au style contemporain et au gabarit imposant se dresseront aux côtés d'une résidence construite en 1920, dont la valeur patrimoniale est reconnue par la Ville de Québec.
«L'ensemble de la rue, et cette section en particulier, va être irrémédiablement modifié par l'ajout de maisons dont les proportions ne cadrent pas avec l'environnement», plaide Hélène Jobidon, l'une des quatre citoyennes rencontrées samedi par Le Soleil.
«Ce n'est pas une question d'esthétique, de jugement de valeur à savoir si c'est beau ou pas. On se positionne sur une construction qui est hors-norme. Les maisons vont être élevées sur des garages doubles en façade», poursuit-elle.
Mme Jobidon déplore que la Ville ait octroyé, «sans faire de réflexion», un permis de démolition au nouveau propriétaire du 1235, avenue des Grands-Pins. «On souhaiterait qu'ils puissent revenir sur cette décision, avance-t-elle. La Ville pourrait montrer qu'ils reconnaissent la valeur de la rue, le caractère distinctif de ce secteur de Sillery qui sera gravement atteint. Ce serait une chance de montrer qu'ils ont cherché un partenariat avec le promoteur, pour lui faire prendre conscience qu'il y a lieu de changer le plan.»
«Il y a moyen de faire quelque chose en respect avec le bâti», ajoute Bénédicte Pelletier. «Il n'est pas trop tard», lancent en choeur les quatre membres du CCDR.
Non rétroactif
À la Ville de Québec, le porte-parole David O'Brien explique que le permis de démolition du 1235, des Grands-Pins a été accordé avant le 16 juin, soit le début de la période visée par le règlement plus strict sur les démolitions. «Ce n'est pas un projet qui va être assujetti au nouveau règlement, ce n'est pas rétroactif», a-t-il indiqué au Soleil.
M. O'Brien précise que la demande de permis de construction sur ce terrain est toujours à l'étude. «Dans tous les projets, à travers le territoire de la Ville, chaque fois que quelqu'un veut construire un édifice, il y a toujours une évaluation des plans, à savoir si ça s'intègre dans la trame urbaine ou si ça respecte le règlement d'urbanisme», complète-t-il.