Marc-André Pâlin, directeur général de la Société de développement commercial du quartier Montcalm, a travaillé fort avec les commerçants de l'avenue Cartier afin de rendre l'artère plus attrayante.

Avenue Cartier: terrasses et art pour séduire

Le quartier Montcalm poursuit sa lente métamorphose dans l'espoir d'appâter les consommateurs disputés contre les nombreux autres pôles d'attraction commerciaux de la capitale. Pour les séduire, de nouvelles terrasses grugent maintenant le bitume de l'avenue Cartier et des expositions artistiques éphémères apparaîtront sur les murs d'une dizaine d'édifices des rues avoisinantes.
Les autres rues commerçantes «se mettent belles», observe le directeur général de la Société de développement commercial du quartier Montcalm (SDC), Marc-André Pâlin. Du Petit-Champlain à l'avenue Maguire, de la Grande Allée à la rue Saint--Vallier, de nombreux autres regroupements d'entrepreneurs luttent pour leur part du gâteau. Sans compter les magnétiques centres commerciaux : «C'est clair que nos compétiteurs, ce sont les pôles de Laurier et Lebourgneuf.»
«On a à trouver des stratégies pour faire venir les gens», poursuit M. Pâlin. Depuis 2011, les gens d'affaires des environs de l'avenue Cartier tentent donc d'être plus affriolants. On investit dans l'espoir de se démarquer, dans l'espoir de convaincre les clients de ne pas simplement transiter, mais de rester un moment dans le coin avant de se rendre sur les Plaines, au Musée national des beaux-arts du Québec ou au Festival d'été, par exemple.
«boulot énorme»
Une nouvelle signature a donc été créée : le quartier des arts. Un «bébé» qu'il faut maintenant faire grandir, explique Marc-André Pâlin. Il y a ainsi eu l'annonce d'une collaboration avec le Festival d'été, qui sera présent au cours des deux prochaines semaines, en soirée. Puis il y a l'installation de sept nouvelles terrasses devant des restos, dans les espaces de stationnement. 
Simple, aménager une terrasse dans l'espace public? Pas du tout... Après deux années d'essais, on a dû demander des plans à un architecte. La Commission d'urbanisme et de conservation de Québec a évalué la couleur, l'uniformité du concept. La Ville a demandé de tester l'écoulement des eaux sous la structure, de vérifier l'accès aux bouches d'égout, de produire des études sur la perte des espaces de stationnement et de livraison... «Ç'a été un boulot énorme.» Mercredi encore, M. Pâlin attachait les derniers fils. Il arrivait de la Régie des alcools, des courses et des jeux avec les derniers permis.
Il y a aussi un coût important à assumer pour les commerçants. «De 95000 $ à 100000 $ d'investissements juste pour les terrasses», évalue-t-il.
Lucie Garneau, copropriétaire du Pizzédélic, estime avoir décaissé 11000 $ pour obtenir les 10 places de plus de sa terrasse de rue. Il y a le mobilier, les plantes, les permis. Et il y a le loyer; la Ville de Québec exige une rétribution de 2000 $ à 4500 $ pour trois mois selon la superficie de la plateforme. Tandis qu'elle arrosait son tout nouvel aménagement floral, mercredi, elle espérait que les ventes seront à la hauteur du débours.
Justement, pour aguicher davantage le client, la SDC prépare des expositions éphémères en 10 lieux. Elle vient de recevoir la confirmation que le projet est accepté. «On s'éparpille dans le quartier pour que les gens puissent faire un circuit», expose Marc-André Pâlin. Les oeuvres seront éventuellement affichées dans des cadres géants sur le boulevard René-Lévesque, les avenues Cartier et De Salaberry et dans la rue Crémazie.