Le véhicule testé, fabriqué au Manitoba, est un premier pas pour électrifier les autobus, mais aussi adapter les infrastructures.

Autobus «tout électrique» à l’essai à Québec

Les citoyens de Québec ont vu circuler un autobus «vert» au cours des derniers jours. Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) fait actuellement l’essai d’un véhicule articulé entièrement électrique. D’ici 2026, les premiers bus 100 % branchés feront leur apparition en remplacement des autobus au diesel et hybrides qui composent l’actuelle flotte.

Le RTC a fait le point jeudi sur son programme d’électrification des transports. C’est un passage obligé puisque le gouvernement du Québec ne financera que l’achat d’autobus entièrement électrique dès 2025, rappelle le président du réseau, le conseiller Rémy Normand.

Le véhicule à l’essai est fabriqué par New Flyer Industries de Winnipeg, Manitoba. L’entreprise compte déjà 74 000 véhicules en circulation au Canada et aux États-Unis, dont certains, pour les sociétés de transport de Montréal et de Laval.

L’autobus en question a une autonomie de 250 kilomètres. Le temps de recharge est estimé entre 3 et 5 heures. «On évalue les besoins de recharge, les critères d’entretien, le comportement sur route avec la topographie de la Ville et le climat», donne en exemple Martin Lapointe, chef du programme d’électrification, entré en fonction en février dernier.

D’autres constructeurs seront invités à mettre leur véhicule à l’essai. «Le but de tout ça est de partager les analyses et les études avec d’autres sociétés de transport au Québec pour faire des achats groupés», ajoute-t-il.

Plus que l’achat de matériel roulant, l’électrification des transports est aussi synonyme d’électrification des infrastructures nécessaires au fonctionnement et à l’entretien des véhicules. «L’année 2019 servira à échafauder le programme d’électrification. Définir les infrastructures requises pour la recharge, adapter la logistique pour l’entretien des autobus et la mise à niveau des employés», illustre M. Normand. 

«2026, c’est demain. C’est une grosse bouchée, mais il faut voir ça comme un défi», précise-t-il.

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L’après-hybride

Le virage vert est déjà amorcé avec l’achat de véhicules hybrides depuis 2015. Des quelque 581 autobus du parc de véhicules du RTC, environ 20 % sont hybrides. Cette proportion grimpera prochainement à 25 % avec la mise en fonction des 64 midibus, récemment acquis. En 2020, 35 % de la flotte sera en mode hybride.

«En 2026, on prévoit économiser 3 millions de litres de diesel et 7400 tonnes de gaz à effet de serre», souligne le président. À compter de cette date, le bilan devrait encore s’améliorer puisque tous les véhicules achetés seront électriques. Compte tenu de la durée de vie d’un autobus, il est logique de penser que tous les véhicules du RTC seront 100 % électriques autour de 2040.