Le 1er juin, le prix de départ d’une course de taxi passera de 3,45 $ à 3,50 $, le taux au kilomètre de 1,70 $ à 1,75 $ et le taux à la minute de 0,63 $ à 0,65 $.

Augmentation des prix du taxi de 2,5% en juin

Pour la première fois depuis 2012 et l’arrivée d’Uber, les tarifs de taxi augmenteront cette année au Québec. La hausse de 2,5 % entrera en vigueur le 1er juin.

La Commission des transports du Québec (CTQ) a publié mardi sa décision datée du 29 mars. «Cette augmentation sera appliquée à chacune des composantes tarifaires lorsque le prix d’une course est calculé par le taximètre ou l’odomètre, soit le prix de départ, le prix au kilomètre et le prix par minute d’attente, le cas échéant. Le prix de la course étalon passera ainsi de 14,47 $ à 14,85 $», peut-on lire dans le communiqué de presse qui l’accompagne.

Le 1er juin, le prix de départ au taximètre passera de 3,45 $ à 3,50 $, le taux au kilomètre de 1,70 $ à 1,75 $ et le taux à la minute de 0,63 $ à 0,65 $. Les taxes sont incluses. 

Les commissaires ont été sensibles au fait que l’indice du coût du taxi, basé sur l’évolution des coûts d’exploitation, a augmenté de 5,9 % depuis 2012 même si les tarifs n’ont pas bronché depuis. L’ajustement décrété est donc partiel. 

Lors d’une audience publique tenue en octobre, des représentants de l’industrie montréalaise du taxi — qui se présentent comme les Partenaires pour la modernisation du taxi au Québec (PMTQ) — ont plaidé pour une réforme importante des tarifs qui aurait pour effet d’augmenter le prix des petites courses. Selon eux, la formule de tarification actuelle désavantage les chauffeurs qui roulent à basse vitesse en raison de la configuration urbaine, de la congestion et des travaux routiers. 

Moratoire demandé

Le Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ) plaidait plutôt pour un moratoire en raison surtout de la concurrence d’Uber. Ils réclamaient aussi une évaluation rigoureuse de la demande et de son élasticité en fonction des prix exigés. 

La CTQ a conclu que «l’analyse des données ayant conduit aux recommandations avancées par les PMTQ illustre avant tout un portrait de la situation sur le territoire de l’île de Montréal» et que «le profil des courses effectuées dans les différentes agglomérations de taxi du Québec n’est pas nécessairement le même». 

Elle augmente donc légèrement les tarifs et étudiera à l’automne la possibilité de fixer des tarifs différents selon les particularités des régions du Québec. Elle invite l’industrie à s’y préparer.

Les commissaires Christian Jobin et Marc Delâge font également écho aux inquiétudes de l’industrie du taxi. «La Commission n’est pas convaincue que la tarification en vigueur, dans sa forme actuelle, génère une rentabilité qui assure une pérennité des services de taxi offerts par les titulaires de permis de propriétaire de taxi ni des conditions salariales acceptables pour les chauffeurs de taxi», écrivent-ils.

Plus de «proactivité»

Même si l’industrie est «à la croisée des chemins», ils considèrent que sa modernisation «ne doit pas non plus se faire uniquement dans l’ombrage de la concurrence des services offerts par d’autres entreprises qui développent de nouveaux modes de transport, comme le propose Uber». MM. Jobin et Delâge plaident pour plus de «proactivité» et de «créativité».

Le président du RITQ a réagi négativement à l’imposition d’une hausse de tarifs, qu’il considère «légitime» et dangereuse à la fois. «La portée du message est beaucoup plus néfaste pour l’industrie que les 2,5 % qui vont se retrouver dans les poches des propriétaires et des conducteurs de taxi», a commenté Abdallah Homsy, mardi.

Selon lui, les clients sont à la recherche des plus bas prix et la popularité d’Uber en est la preuve. «Le devoir de la Commission, c’est de faire une étude sérieuse pour voir si le marché peut supporter une augmentation», a ajouté le porte-parole. 

Il a accusé au passage les libéraux de «créer de l’instabilité» en étirant le projet pilote d’Uber jusqu’à l’automne 2019 : «On vit avec un gouvernement qui n’est pas capable de prendre des décisions. Les gens ont peur d’investir. Ils ne savent pas ce qui va leur arriver demain.»