Des archéologues avaient dénoncé ces travaux peu avant les Fêtes après la découverte de briques, de bouts de bois, de bouteilles et de pierres lors des travaux.

Aucun site archéologique à l'îlot Dorchester, selon le ministère

Le ministère de la Culture et des Communications considère qu’il n’y a aucun site archéologique connu à l’îlot Dorchester, où le groupe Kevlar fait réaliser des analyses géotechniques en vue d’y bâtir des tours résidentielles et une tour de bureaux.

Des archéologues, dont Réginald Auger, professeur titulaire en archéologie à l’Université Laval, avaient dénoncé ces travaux peu avant les Fêtes après la découverte de briques, de bouts de bois, de bouteilles et de pierres lors des travaux. M. Auger avait même déposé une plainte au ministère.

«Le ministère de la Culture et des Communications a effectivement reçu, à la fin décembre, des informations concernant la découverte d’artefacts lors de travaux d’excavation à l’îlot Dorchester», a confirmé Marjorie Houle, porte-parole du ministère. «Il n’y a aucun site archéologique connu à ce jour à cet endroit», poursuit-elle cependant.

Même si un avis de découverte sans permis a été transmis au ministère, Mme Houle signale qu’il est trop tôt pour savoir s’il s’agit d’un site archéologique. «Les informations reçues seront analysées sous peu», indique-t-elle. Le ministère devra évaluer s’il désire protéger le site ou non.

Pas de législation

Un autre archéologue, Pierre Desrosiers, consultant au Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions, a réagi au dossier en soulignant que plusieurs pays et provinces avaient déjà légiféré concernant le patrimoine archéologique, mais pas le Québec.

«La Loi sur le patrimoine culturel adoptée en 2012 ne statue pas sur la question alors qu’elle aurait dû le faire. On doit s’en référer au Code civil qui ne traite évidemment pas de patrimoine archéologique, mais qui parle plutôt des trésors, des biens abandonnés et des biens sans maître découverts sur un terrain appartenant en propre à un citoyen», déplore M. Desrosiers.

Ainsi, selon M. Desrosiers, le propriétaire foncier est aussi le propriétaire du patrimoine archéologique, c’est-à-dire du site archéologique et de son contenu, à savoir les artefacts trouvés sur le site.

Celui-ci ajoute que souvent, comme dans le cas de l’îlot Dorchester, le propriétaire n’est même pas au courant qu’un site archéologique a été trouvé sur sa propriété parce que l’information ne se rend pas jusqu’à lui. «La situation de l’îlot Dorchester est loin d’être exceptionnelle. Des centaines de sites archéologiques sont découverts chaque année au Québec dans de telles circonstances», fait remarquer M. Desrosiers, qui aimerait voir la Ville de Québec développer une politique sur la protection du patrimoine archéologique sur les propriétés municipales.