Plusieurs membres de la communauté musulmane ont été submergés par l'émotion en revenant sur les lieux de la tragédie, mercredi.

Attentat à Québec: les familles indemnisées

En plus du soutien financier de nombreux donateurs privés ainsi que différentes campagnes de financement, les personnes touchées par l'attentat au Centre culturel islamique de Québec et leur famille auront accès au Régime d'indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC).
Afin d'épauler les citoyens dans leur démarche de demande d'indemnisation, l'organisation a posté un employé depuis mardi à l'hôpital Jeffery Hale, où un centre de crise a été ouvert pour soutenir les familles.
«La direction de l'IVAC est très proactive. On informe les victimes et on les accompagne», a commenté au Soleil Pierre Turgeon, porte-parole pour l'organisation, précisant ne pas pouvoir discuter de cas en particulier ni confirmer si des demandes ont été faites.
Pour avoir accès à l'IVAC, les familles touchées ainsi que leurs proches doivent toutefois répondre à certains critères de la Loi sur l'indemnisation des victimes d'actes criminels, comme «être à la charge de la victime avant le crime».
Si la personne est retenue, par exemple une conjointe, lors du décès de son mari, elle pourrait recevoir durant le reste de sa vie, sous certaines conditions, jusqu'à concurrence de 80 % du salaire que faisait la victime au moment de la tragédie. Le minimum est de 55 %. Ce dernier augmente en fonction du nombre de personnes à charge.
L'IVAC remboursera également les dépenses encourues pour les frais funéraires jusqu'à concurrence de 5000 $, plus 500 $ pour les frais de transport du corps. Cette dernière mesure ne s'applique toutefois pas pour rapatrier le défunt dans son pays d'origine.
Quant aux personnes blessées physiquement, elles ont aussi accès au fonds. Le montant de l'indemnisation variera en fonction de la gravité des blessures. Une personne qui n'est plus apte à travailler pourrait recevoir annuellement jusqu'à 90 % du revenu net qu'elle touchait avant la tragédie. Le salaire maximal couvert est de 72 500 $.
Pour ceux qui étaient présents dans la mosquée dimanche soir, mais qui n'ont pas été blessés physiquement, les gens peuvent également obtenir un support financier et psychologique. «C'est du cas par cas. Je conseille aux personnes de faire une demande», conclut M. Turgeon.