Piranhas, barracudas, alligators et grands requins ne débarqueront pas à l’aquarium de sitôt. En revanche, on peut y admirer de jolis spécimens comme cet ours blanc dans son bassin.

Aquarium du Québec: encore «quelques années» avant l'arrivée des prédateurs

Rêve de l’Aquarium du Québec depuis 2008, «priorité» étatique depuis mars 2018, le projet de pavillon des prédateurs marins censé propulser l’institution de la capitale dans le club des grands du monde ne sortira pas de terre avant «quelques années».

Même si les libéraux avaient claironné en inscrivant le projet de plus de 50 millions $ au Plan québécois des infrastructures (PQI), force est de constater que la route sera encore longue avant que les pelleteuses commencent à creuser. «La livraison du projet, ça va prendre quelques années», concède au Soleil Simon Boivin, le responsable des relations avec les médias pour Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), gestionnaire de l’Aquarium. 

Piranhas, barracudas, alligators et grands requins ne débarqueront donc pas dans la capitale de sitôt. Leur pavillon d’une douzaine de bassins qui devrait pousser près du pont de Québec est toujours considéré «à l’étude» par le Conseil du trésor.

«La construction d’un pavillon des prédateurs à l’Aquarium du Québec figure en tête des priorités», indiquait néanmoins la Sépaq en mars, lorsque le ministre des Finances a fait sien le rêve. «Le projet porteur pour la région de Québec […] propulsera l’Aquarium au rang des grands aquariums internationaux.»

«Ce sera une infrastructure qui va nous permettre d’avoir le statut d’un aquarium de classe mondiale», célébrait également l’ancien ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Sébastien Proulx. «Et ça va nous amener des gens qui vont venir à Québec peut-être pour cette raison et qui resteront peut-être une journée de plus.»

Pour l’heure, il n’y a pas d’échéancier fixé. Entre l’annonce joyeuse du budget gouvernemental du printemps et sa réalisation, il y a de nombreuses étapes à franchir.

Dédale

Simon Boivin vulgarise le dédale que doit franchir la Sépaq avant de recevoir les subsides… La société publique a d’abord reçu un premier signe positif de l’ancien conseil des ministres après le dépôt de son «avant-projet». Maintenant, elle doit livrer un volumineux «dossier d’opportunité» constitué d’une série d’études sur les besoins, les solutions, les coûts, les échéanciers, et tutti quanti. L’objectif est de livrer le tout avant la fin 2019. «Il faut bien faire nos devoirs pour que ça puisse passer la rampe.»

Il faudra ensuite retourner vers les ministres, qui sont aujourd’hui de la Coalition avenir Québec. «Quand on va avoir eu le feu vert du conseil des ministres, on va être à l’étape “en planification” et il va falloir monter un “dossier d’affaires”. Le dossier d’affaires va, lui aussi, devoir obtenir un feu vert du conseil des ministres pour que le projet entre dans sa phase de “réalisation”. C’est à ce moment-là que les sommes qui sont promises au PQI deviennent accessibles.»

Résumons : «Les sommes promises sont toujours au PQI. Mais on y aura accès seulement après deux feux verts du conseil des ministres.»

La Sépaq est cependant confiante, même s’il y a eu changement de garde à l’Assemblée nationale. «Nous, on n’a aucune indication que ce projet-là est ailleurs que sur la bonne voie. Il suit le cours normal d’un projet de cette envergure-là.»